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Paris en 1380 : plans de restitution ; histoire générale de Paris / par H. Legrand
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maisons, il ne faudrait pas le supputer en comptant, par exemple, sur les por-tions du plan restitué de M. Berty, ou même sur les plans parcellaires de De Lagriveou de Verniquet, encore moins sur les plans du xvi e siècle, le nombre des parcellesbâties qui y sont placées. Notre plan, en effet, représente un état antérieur, d’envi-ron un siècle, à l’époque choisie par M. Berty pour sa division parcellaire, et il estcertain que bien des lots de maisons ont été divisés depuis en plusieurs parties.On voit encore aujourd’hui, dans les quartiers Beaubourg, Saint-Martin, dans larue Galande, des pignons coupés en deux par des divisions de ce genre, quidatent presque toutes des xv e et xvf siècles O. Nous avons tenu compte aussi deséglises, alors inachevées; le lecteur comprendra que nous ne devions pas appli-quer à ces édifices une façade construite un siècle après.

Il ne faut pas s’étonner non plus de voir, à l’intérieur des murs, notammentdu côté du Temple, de vastes espaces et vuides. v Cet état donne l’explication toutenaturelle d’un fait, celui du genre d’administration de certains ordres et de cer-taines congrégations. Fondés matériellement sur une propriété inaliénable, telle-ment quelle avait pris le nom de «biens de mainmorte, t> assis moralement surune discipline intérieure dont l’intérêt collectif, substitué à l’intérêt personnel,était la base, et dont la principale sanction se trouvait dans l’ordre spirituelplutôt que dans l’ordre temporel, ces riches établissements se gouvernaient ets’administraient avec plus de calme et de prudence que les autres grandes pro-priétés. Les Croisades n’avaient pas sensiblement entamé leurs revenus, si ce n’est

OonsLiéiationsparticulièressuggérées par le plande i38o.

ensuite les écrivains comme Corrozet , Du Breul,Sauvai, De Lamare, Jaillot, etc. qui expliquentles difficultés, ou remplissent les lacunes laisséespar les topographes, et surtout par les cueilloirs,censiers, liasses d’aveux ou d’arpentage, qui netraitent jamais que de l’affaire précise qui les occu-pait à une époque ou à un moment donné. Nousl'envoyons expressément au volume intitulé Paris et ses Historiens aux xir‘ et xr’ siècles, qui nousa été d’un grand secours, et auquel, d’ailleurs, serapportent la plupart des indications du plan et dela légende. Enfin, si l’on veut obtenir des rensei-gnements tout à fait précis, il faudra recourir à laTopographie historique du Vieux Paris, dont les par-ties successives donnent et donneront, sur chacunedes régions du sol parisien, tous les éclaircissementspossibles, avec les pièces justificatives, écrites etfigurées.

(1) M. Berty, dans ses plans parcellaires de ré-gion, dont deux seulement ont paru jusqu’ici ets’appliquent à la Région du Louvre et des Tuile-ries, a détaillé, par superposition, toutes les cons-tructions élevées sur un point donné; mais il fautopérer le triage, par époques distinctes, de tousces alignements, de tous ces murs mitoyens qui s’en-chevêtrent sur le papier. Ce travail a été fait pourl’établissement du présent plan, à l’époque de 1 38o ;il sera fait aussi, mais en tracé simple, dans la suitede la Topographie historique du Vieux Paris. Nousferons seulement observer au lecteur que la couchevisible des plans superposés donne surtout le par-cellaire du xvi e siècle; comme les renseignementsabondent, surtout dans la fin du xvn e siècle et aucommencement du xvm e , il a bien fallu que M. Bertyles fît entrer dans les détails de son plan, commepièces justificatives de son tracé.

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