NOTE pour la page 21 du Discours Préliminaire, l, 28.
La preuve que la langue syriaque étoit en usage chez les peuples qui habitoient à l’occident del'Euphrate , et la langue chaldéenne chez ceux qui habitoient a 1 orient de ce fleuve , se trouve dansles chapitres i et 2 de Daniel (v. 2. 4 )-H y estdit queNabuchodonosor commanda « d’apprendre auxjeunes Juifs, captifs dans Babylone , a parler la langue des Chaldéens». Or celte langue étoit, cellequ’on parloit à la cour de ce roi, dans Babylone où il faisoit sa résidence , et qui étoit la capitale dela Chalde'e. Car le verset 5 dit que Nabuehodonosor destinoit ces jeunes Juifs à le servir , quand ilsseroient instruits, au bout de trois ans. En effet , ils n’auroient pas pu obéir aux ordres qui dévoientleur être donnés en langue chaldéenne , s’ils n’eussent pas entendu cette langue.
Ainsi , quoique le verset 2 du chapitre 2, dise que les Chaldéens , consultés par Nabucliodonosorsur le songe qu’il avoit eu , lui répondirent en syriaque ( aramilh ), ils ne le firent en celte languequ’après avoir été interrogés dans la même langue et en présence des devins des nations del’ouest de l’Euphrate , parmi lesquels étoient ceux des Juifs , puisque ce roi, peu satisfait de leurréponse , ordonna d’abord de les faire mourir tous , sans excepter Daniel et ses compagnons.
Le syriaque étoit donc la langue vulgaire à l’ouest de l’Euphrate, et les Juifs parloient syrien,comme les autres nations à l’occident de ce fleuve. C’est donc à tort que la version française de laBible, imprimée à Cologne ( in-8°, 1780), dit que « les Chaldéens répondirent en leur languequi étoit la chaldéenne. Ce mot leur 11’a aucun équivalent ni dans l’hébreu , ni dans le grec , ni dansle latin. Car ces trois textes s’expriment ici par un simple adverbe : aramith , avpiçt, syriacè ( syria—quement ) ; par conséquent, le syriaque n'étoit pas la langue des Chaldéens. Mais les Juifs, revenus deBabylone à Jérusalem avec Esdras, entendoient le chalde'en, qu’ils n’entendoient pas avant leurcaptivité. Voilà pourquoi les paraphrases de Jonathan et d’Onkelos, écrites depuis leur retour, pourleur expliquer l’hébreu qu’ils n’entendoient plus, sont en chaldéen.
ERRATA.
Vol. 3 . P. v, 1 . 5 d’en bas, au lieu de à Babylone , lisez : à JérusalemP. xij ,1. 12 , au lieu de en Grèce, lisez : en grec
Vol. 4 * P* ^ j 1 . 11 d en bas : d’un méridien d’un colure, lisez : d’un méridien et d’un colure.
Disc, preliin. Ijes figures géométriques des hypothèses sont imitées de celles de l’éditiongrecque et latine de Baiubridge ; et celles des liypotyposes , des manuscrits
grecs.