DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
Quand une science s’est composé une sérié de theôremes, établis sur des faits, con-firmés par l’expérience, démontrés par le calcul, et liés par le raisonnement, elle n’aencore qu’une spéculation. Pour l’action, il lui faut encore des réglés expéditives etfaciles à mettre en pratique, qui soient comme autant d axiomes pour 1 application desprincipes généraux aux cas particuliers. C’est ainsi qu’après avoir exposé sa doctrine,ses moyens et sa conduite, Hippocrate a resserré le résultat de ses observations dansdes aphorismes qui sont devenus la règle de ses successeurs jusqu’à nous; c’est ainsiencore que les bureaux de longitude d’Angleterre et de France après avoir poussé siloin la science astronomique, n’en présentent aux navigateurs que les conclusions dansle nautical almanac et la connoissance des tems. C’est ainsi enfin , qu’auparavant ,l’école astronomique d’Alexandrie, forte des observations d’Hipparque, de Timocharis,d’Aristylle, de Ptolemée et de Tliéon, en a résumé les conséquences dans ses tablesmanuelles qui n’étoient autre chose que le guide des navigateurs dans la pratique del’art nautique, et des calculateurs dans l’emploi de ces formules.
En effet, « Tliéon commence par nous dire que dans un autre traité en cinq livres,il a exposé les principes des tables manuelles ou portatives. Il ne donne ici que lestables précédées d’un discours qui en explique les usages. Il a composé ce discours enfaveur de ceux qui veulent se former aux calculs astronomiques, sans avoir aucune con-noissance préliminaire ni du calcul sexagésimal, ni des plus simples élémens de J’astro-nomie ». Et il ajoute que les tables de Plolemée sont calculées pour le temps moyenéquinoxial. Ce passage paroît décisif, selon M. Delambre, car il ne s’agit pas ici destables de la syntaxe, mais des tables manuelles dont Théon va se servir pour trouverle lieu du soleil qui doit servir à la conversion des heures ». Et plus loin, M. Delambreajoute que ces tables sont évidemment copiées sur celles de la syntaxe, ou compositionmathématique de Ptolemée. Mais Ptolemée est-il le seul auteur de ces tables? Quandon considère que l’époque en est différente de celle des tables de sa composition ma-thématique; quand on compare le titre de ce que les manuscrits donnent à Théon :Tables manuelles de Théon d Alexandrie , avec celui des prolégomènes : Ptoleméesur les tables manuelles ; quand on’lit dans Suidas que la fille de Théon a écrit surles tables astronomiques, comme on y lit que Ptolemée en a composé, on ne peut passe refuser à une conjecture plus forte encore, qui est que les autres astronomes d’Alex-andrie ont bien pu contribuer à la confection de ces tables, comme ils ont prolongécelle des rois que Ptolemée avoit terminée à Antonin. On ne peut pas douter que Pto-lemée n’ait dressé des tables de mouvemens célestes différentes de celles de l’almageste,
!,i) M. Delambre, histoire de l’astronomie ancienne, vol. 2. p. 617.P. Labbe, bibliotli. nov-
Disc P.
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