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[Première partie.]
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DISCOURS PRÉLIMINAIRE. ' iij

ne faut point être savant à demi, surtout quand on veut enseigner aux autres ce qu’ona appris, elle fil un voyage à Athènes, où elle demeura quelque temps pour se perfec-tionner dans ses connoissances. Tous les savansde cette ville, et il y en avoit encorebeaucoup du premier ordre, se firent autant d’honneur de jouir de sa conversation,qu’elle avoit d’empressement à rechercher la leur. Elle revint enfin dans sa patrie avecune ample moisson, dont elle voulut faire part à scs concitoyens d Alexandrie. L’académiedecette ville étoit devenue le centre des études,et lepoiutde rcumonde tous les hommeséclairés. Chrétiens et payons, Grecs et barbares, tous y venoient en foule puiser lesconnoissances qu’on ne trouvoit ailleurs que disséminées et imparfaites. Diverses écoless’étoient formées dans ce foyer des lumières, ou plutôt chaque maître avoit la siennefondée sur sa réputation ou sur sou mérite.

Le père Desmolets est tombé dans une grande erreur, quand dans sa dissertation surliypatia (t. V de ses mém. de littéral.) il a confondu l’école chrétienne d’Alexandrieavec l’école payenne de celte ville. Celle-ci subsistoit depuis Ptolemée Philadelphe quiavoit fondé l’académie que Ptolemée et Tliéon rendirent si célèbre pour l’astronomie.L’école chrétienne ne fut établie que deux siècles après par Ammonius. Les Origènc ,les Justin, les Hiéroclès ont presqu’élevé la réputation de cette école chrétienne, à cellede l’école payenne. Cependant celle-ci conserva sa supériorité pour les sciences de pra-tique usuelle, telles que lamédccine, comme nous voyons par Aëtius et par Pétrone. Telle-est encore l’astronomie dont les œuvres de Ptolemée, de Théon et d’Hypalia nous of-. Iront les témoignages. Des écoles si diverses dévoient entretenir un puissant levain dediscordes dans une meme ville, la différence d’opinions religieuses surtout ne pouvantmanquer de faire naître bien des troubles dans cette ville remplie d’une populace sé-ditieuse et mutine , comme l’histoire nous dépeint généralement les Egyptiens.

Cependant Hypatia, quoique payenne, eut des prélats et des seigneurs chrétiens pourélèves. Synésius, évêque de la Cyrénaïque et ensuite de Ptolémaïs, avoit suivi sesleçons, et il entretenoit avec elle un commerce de lettres que nous avons-encore, etque je ferai connoître. Oresle, gouverneur d’Alexandrie pour l’empereur Grec de Con-stantinople, avoit conçu pour elle une amitié fondée sur l’admiration des qualités quila distinguoient de toutes les autres femmes de son temps. Et le philosophe Isidore éprisde sa beauté autant que de son esprit, lui demandoit sa main pour prix des sentimensqu’elle lui avoit inspirés; mais Hypatia qui n’avoit de son sexe, que les qualités qui lefont aimer, refusa constamment de se rendre à ses vœux. Contente de son sort et crai-gnant que d’autres soins ne la détournassent de ses études, elle renonça à tout projetde grandeur et d’ambition, pour se vouer uniquement a la recherche de la venté dansla contemplation de la nature, et dans le perfectionnement de sa raison.

Des querelles sur l’étendue du pouvoir s’etoient élevées entre S. Cyrille evêque d’Alexan-drie, et le gouverneur Oresle de cette ville. Oreste outrepassoit souvent les bornes de sonautorité, et Cyrille s’y opposoit pour le bien de ses ouailles. Les liaisons d’amitié entre

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