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Seconde partie.
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XIV
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xiv ÉLOGE

sion la connaissance de la ligure et des dimensions du Globe terrestre. On confia àMM. Delambre et. Mécliin le soin de mesurer un arc du méridien depuis Dunkerquejusqu’à Barcelone ; nous ne pouvons point exposer ici le caractère, les difficultés, lesprogrès de cette vaste entreprise. C’est à M. Delambre qu’on en doit principalement lesuccès; il en a écrit l’histoire, et c’est dans ses ouvrages qu’il faut acquérir une juste etexacte connaissance des soins qu’elle exigeait, et des résultats qu’elle a produits.

On 11e pouvait point se proposer de tracer cette ligne méridienne de plus de deuxcents lieues de long, et de la mesurer effectivement dans toute son étendue; c’est à lagéométrie à suppléer à l’application immédiate des mesures. Mais quelle multitude d’ob-stacles se présente dans l’exécution! Les températures de l’air et des corps solides chan-gent continuellement; l’atmosphère, dont l’état est si variable, détourne la direction dela lumière, l’inégale hauteur des points observés, la difficulté de choisir, de placer, deconserver les signaux; tout conspire contre l’exactitude des résultats; enfin, ils peuventêtre altérés par l’attraction des montagnes, et sujets aux inégalités de la ligure ou de lamasse du Globe. La physique, l’astronomie, l’analyse mathématique réunissent leurslumières pour discuter ces causes d’incertitude ou d’erreur, et pour distinguer danschacune des opérations le genre de preuves qui lui est propre.

On se borne ici à citer comme une vérification frappante, celle qui eut lieu lorsquel’on voulut comparer les deux bases de Melun et de Perpignan, dont chacune est d’en-viron trois lieues. M. Delambre avait mesuré l’une et l’autre sur le terrain par l’applica-tion de la règle. Or, une seule de ces mesures était nécessaire, et comme ces deux basesétaient comprises dans une chaîne commune de triangles consécutifs, on pouvait déduirel’une de l’autre parle calcul. On soumit donc les opérations à cette épreuve singulière,et d’autant plus décisive que la distance des bases est environ deux cent vingt lieues Or,on trouva qu’il n’y avait pas un tiers de mètre de différence, entre le résultat du calculet celui de la mesure effective. Ainsi, l’on venait de déterminer par une opération trigo-nométrique une longueur d’environ trois lieues placée à plus de deux cents lieues dedistance, et l’erreur était moindre qu’un pied, c’est-à-dire la trente-six millième partiede la longueur calculée. Je ne dirai pas que M. Delambre fut surpris de cette coïnci-dence; il en fut du moins extrêmement satisfait, elle était du moins une conséquencede ses soins et de l’étonnante précision des instrumens. Ceux qui avaient servi à mesurerles angles, et que l’on a employés aussi dans les observations astronomiques, sont le*cercles multiplicateurs de Borda. Leur avantage consiste surtout dans la répartitioningénieuse d’une seule erreur sur une multitude d’observations. Quant au procédé donton s’est servi pour mesurer les bases, et que l’on doit encore à ce grand physicien , ilconsiste dans l’application effective d’une mesure de platine qui est à-la-fois une règleet un thermomètre.

Nous n’avons parlé jusqu’ici que des difficultés propres aux opérations géoclésiques ;mais les auteurs de ce grand travail furent souvent arrêtés par des obstacles cl’un autre