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« Les Alexandrins préférèrent aux autres coutumes celle de célébrer la» Pâque le premier dimanche après le quatorze, la transférant au dimanche>' suivant, lorsque le quatorze arrive le dimanche. La raison que Théophile,» S. Cyrille, S. Ambroise et S. Protèrë, en rendent, est tirée de la coutume» de ce temps-là, de rompre le jeûne le soir du samedi-saint, ce que l’on» ne devoit pas faire le treizième de la lune, et de jeûner le quatorzième,» ce qui n’étoit pas à faire le dimanche. »
Ceci demande une explication. Il falloit jeûner les 4° jours entiers du ca-l’ême. * Or si l’on eût rompu le jeûne depuis midi du samedi - saint, lespremières vêpres de Pâques, appartenant à ce grand jour de joie de la résur-rection du divin Sauveur, ne dévoient pas plus que cette fête même dont ellesfont partie , être célébrées dans le jeûne , le deuil et la tristesse ; il eût fallurecommencer le jeûne le jour même de Pâques, pour remplir les quarantejoui’s du carême , chose qui étoit moins praticable encore le jour même de lafête que la veille. Pour éviter ce double inconvénient, on transporta au di-manche suivant la célébration de cette grande fête, qui ne peut avoir lieu qu’undimanche, parce que c’est un dimanche que Jésus-Christ est ressuscité.
x Autant que l’on peut vérifier par l’Écriture Sainte, sans s’arrêter à ce» qu’y ajoutent Philon et Joseph, et d’autres auteurs juifs versés dans les» sciences des Grecs, après l’empire d’Alexandre dans l’Orient, on ne voit>' dans aucun endroit, qu’ils fussent obligés par les lois divines à aucune pré-» cision astronomique, eux qui n’avoient pour toute loi, que de prendre pour« premier mois du printemps le mois des fruits nouveaux, et de faire la» Pâque, le quatorzième de ce mois.
» C’étoit une détermination assez vague, qui leur laissoit la liberté d’un» choix plus précis. Ils le firent lorsqu’à l’imitation des astronomes ils prirent>> l’équinoxe pour le commencement du printemps , et pour premier du» mois le jour de la conjonction de la lune avec le soleil, dans un temps« où l’astronomie étoit encore dans une grande imperfection. » **
On lit dans l’Art de vérifier les Dates, que «les Juifs modernes font remon-ter l’origine de leur Calendrier à l’an 338, mais qu’il ne paroît pas qu’ilsaient si bien; connu le cours du soleil, ni même qu’ils s’en soient beaucoupoccupés. »
C’est donc en se conformant au calcul des astronomes grecs , et depuis , àcelui de l’astronomie de nos derniers temps, que les Juifs ont acquis de nosjours assez d’habileté pour faire répondre leur Pâque au quatorzième jourde la lune. Or ce quatorzième compté du 19 mars, jour de la nouvelle lune,
* On fait seulement abstinence de cliair sans jeune, les 6 dimanches du Carême entier, ce qui enréduit les 4 6 jours à 40 de jeûne. ** Cassini, ibid.