traire au bien général, en ce qu’il exclut toute con-currence et nuit ainsi à la liberté.
Voici notre réponse: Il est reconnu et généralementadmis qu’une compagnie ne pourra entreprendre unchemin de fer sans une concession gouvernementale ;nous tirons de ce fait même la preuve qu’il ne s’agit pasici d’un simple monopole industriel, mais bien aussi de lacession d’un certain droit du souveraineté, cession qui apour correspectifs des devoirs d’intérét général. Si donc ouaccorde certains droits exceptionnels à ceux qui pren-nent ù leurs risques et périls la construction d’un che-min de fer et paient cette construction de leur argent,on ne leur accorde pas ces droits pour créer des pri-vilèges industriels, mais par la raison toute simpleque si l'Etat avait voulu courir lui-méme les risquesdont il se décharge sur la compagnie, il aurait bel etbien profité de ces privilèges.
Nous n'avons pas non plus à craindre ces coali-tions de compagnies dans le but d’élever les prixde transports; ces manœuvres vexatoires et nuisibles,dût l'Etat rester désarmé contre elles, ne tiendraientpas devant la toute-puissance de l'opinion publique.
Enfin, Tit., la majorité de votre Commission prendla peine de vous faire un épouvantail d'une phrasede M. de Lamartine, qui doit avoir parlé quelquepart de l’influence déplorable des compagnies, sorted’Etat dans l’Etat. Ces sociétés, prétend-on, entraînentdans leurs caisses tous les capitaux disponibles, créentpar leurs titres une espèce de papier-monnaie, fondentune aristocratie nouvelle, plus dangereuse encore quel'ancienne, enfin pour ne rien oublier, tuent le cré-dit de l'Etat, que disons nous, commandent mêmeaux gouvernements.