vj PRÉFACE.
assuré l’universalité qii’avoient eue autrefois la langue grecque en orient, et lalangue latine dans l’occident, étoit la plus propre à répandre partout la connoissancede ces observations dont on ne peut se passer, et de ces méthodes toujours étudiéesavec fruit.
On se feroit, en effet, une fausse idée de cet ouvrage, si on le regardoit comme unsimple répertoire des premières notions qu’aient eues les anciens sur l’astronomie ; c’estl’unique monument des plus anciennes observations des Chaldéens et des Grecs,avec leurs dates, et les lieux des astres à des époques certaines de temps et demouvement. «Nous sommes obligés, dit Lalande (*), d’emprunter du grand ou-vrage de Ptolémée, toutes les observations anciennes sur lesquelles est fondée larecherche des mouvemens célestes ». — « Cet ouvrage, dit Bailly (**), fait la commu-nication, entre l’astronomie ancienne et la moderne. Des observations importantespar leur antiquité y sont conservées. Sans elles nous ne connoîtrions pas les mou-vemens moyens des planètes aussi exactement que les connoissoient Hipparqueet Ptolémée. Ce livre d’ailleurs contient les méthodes ou le germe des méthodes qu$fsont encore pratiquées aujourd’hui». Enfin ce qui met le comble au mérite del’ouvrage de Ptolémée, c’est qu’il contient l’esprit de ceux d’Hipparque, « dont nousne connoissons bien les travaux, dit l’auteur de la mécanique Céleste, que parl’ Almageste de Ptolémée qui nous a transmis les principaux élémens des théoriesde ce grand astronome, et quelques-unes de ses observations. Leur comparaison avecles observations modernes, en a fait reconnoitre l’exactitude; et l’utilité dont elles sontencore à l’astronomie , fait regretter les autres, et particulièrement celles qu’il fit surles planètes, dont il ne reste que très-peu d’observations anciennes» (***);
Pour mieux apprécier l’importance du service que Ptolémée a rendu à l’astro-nomie, jettons un coup-d’oeil sur les principales révolutions de cette science,avant qu’elle fût traitée par cet auteur. Cette espèce d’introduction nous tiendralieu du Précis historique par lequel il auroit dû préluder à ce qu’il en a écrit.Car nous lui saurions meilleur gré de nous avoir marqué ce qu’il devoit à cha-cun des astronomes qui l’avoient précédé, et ce que la science lui devoit à lui-même , que des raisonnemens de pur aristotélisme par lesquels il débute , et quine pourroient inspirer que du mépris pour son ouvrage, si l’on n’en jugeoit quepar son prologue.
Mon dessein n’est pas de réparer cette omission par une histoire de l’astronomiegrecque. M. Schaubach en publie une que m’a procurée, avec les Œuvres de Bode,l’auteur de la Théorie des Fonctions Analytiques, pour m’ouvrir la voie à la présenteinterprétation dont la postérité sera redevable aux conseils et aux encouragemensde cet illustre géomètre; tant est grand l’intérêt qu’il prend à une science qu’il a sisouvent éclairée pan des. travaux plus d’une fois couronnés (****) !
Je ne veux pas non plus compter tous les degrés que l’astronomie a parcourus
Astronomie, tom. r.
(* ¥ ) Bailly, Hist. de l’Astronomie, tom. i.
(***) Exposition du Système du Monde.
( ¥¥¥¥ ) Mém. et Prix de l’Ac. des Sciences , 1764.