PRÉFACE. Ivij
par Ptolémée dans les chapitres où ils viennent à mesure qu’il a occasion d’enparler, je passe au dioptra qu’il n’a pas décrit. On le voit figuré dans ce volume auhaut de la première page du texte , d’après la description que Tliéon en a faite. Il n’aque deuxpinnules , une oculaire fixe, et une mobile, quoique j’en aie représenté troispour montrer que la mobile peut courir depuis l’oculaire jusqu à l’autre extrémité.Je ne conçois pas comment Bailly a pu dire que le dioptra inventé par Hipparqueétoit un angle formé par deux règles qui embrassoient les diamètres des astres. Carl’éclat du soleil auroit ébloui l’astronome. Il a pris cette imagination d’Egnatio Danti,mais il n’a certainement ni lu Théon, ni entendu Geminus : car le circumductionedioptrorum qu’il cite, signifie qu’on faisoit faire un tour entier de conversion aux dioptrespour suivre les astres de l’orient à l’occident. Cet instrument ne ressemble pas non plusà celui que Mabillon (*) dit avoir vu dans un manuscrit du i 3 e siècle qui représentePtolémée visant au ciel par un long tube. Renaudot parle aussi de cette figure dePtolémée trouvée par Mabillon (**) au frontispice d’une historia scolastica de PetrusComestor, dans l’abbaye de Scheir en Allemagne. Chunradus qui avoit écrit le manus-crit de celte histoire, étoit mort au commencement du i 3 e siècle, comme ce savant l’aprouvé par la chronique de ce monastère que Chunrad avoit continuée jusqu’à ce temps-là. Cette date est d’autant plus remarquable, que les simples lunettes qui semblentavoir dû être inventées les premières, ne l’ont été que plus de cent ans après, suivantune lettre de Carlo dati Florentin , que Spon a insérée dans ses recherches d’antiquités.Elle contient un passage de la chronique de Barthelemi de S te Concorde de Pise , quimarque qu’en i3i2 un religieux nommé Alessandro di Spina faisoit des lunettes eten donnoit libéralement, celui qui les avoit inventées refusant de les communiquer.Sandro di Pipozzo en parle dans un traité fait en 1299. En i 33 r, un autre témoignequ’elles étoient trouvées depuis vingt ans, et le Lilium Medicinœ dit que ce fut eni 3 o 5 . Il ne se trouve rien de pareil sur les télescopes. Cette estampe de Mabillonpourroit cependant faire croire que les lunettes d’approche sont plus anciennesqu’on ne le croit. Mais Renaudot dit que si elles eussent été connues des anciens,leur utilité non seulement pour l’astronomie, mais en plusieurs autres usages,auroit empêché quelles ne fussent perdues (***). Lalande en rapportant ce trait,dit que Mabillon auroit dû faire dessiner cette figure de Ptolémée. Il n’a donc pas luMabillon, car elle est imprimée dans son Diarium Germanicum. Cette lunette y paroîtêtre un long tube composé de plusieurs pièces rentrantes les unes dans les autres, dontla figure tient un bout sur son œil, et l’autre dirigé vers le ciel. Nous trouvons dans lesMémoires de VAcadémie des Inscriptions , une dissertation du savant A meilhon sur cesujet. J’y ajouterai seulement que sans supposer des verres à un tube, on peut croireque l’expérience avoit appris aux anciens, comme elle l’apprend aux enfans de tousles temps, qu’en regardant les objets parla main formée en tuyau, on les voit plus clairset plus distincts, parcequ’elle les isole. Ainsi, comme il s’agit ici, non des bésicles inven-tées dès 1166, suivantM. le Prince (****) } mais des lunettes d’approche qui, suivant
(*) Diar. germante. (**) Jnalect. t. /,, p. 5o. (***) Mém. de ïAcad, des Inscriptions. (****) Encycl.
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