PRÉFACE. lis
la fin de sa version allemande du septième livre de Ptolémée. J’avois d’abord penséà décorer ma traduction, de cette mappemonde céleste; mais les figures n’en sont pastoutes conformes à celles du globe Farnèse, non plus qu’aux descriptions d’Aratus etd’Eratosthène; car le sagittaire y est un centaure, et Persée y a sa main gauche versCassiépée, et la tête de Méduse dans sa droite; c’est tout le contraire dans ces deuxauteurs et sur ce monument. D’ailleurs, dans l’incertitude où l’on est toujourssi les corrections que Bode a faites au catalogue de Ptolémée sont bien justes,les lecteurs aimeront mieux trouver ici le ciel de Ptolémée, projetté d’après sonplanisphère, qu’il n’a imaginé que pour représenter en plan la concavité de lavoûte céleste, comme on le verra dans la traduction que j’en donne dans unenote. Il paroîtroit par une lettre de Synesius à Pæonius (*), sur l’envoi qu’il luifait d’un astrolabe, ou projection de la sphère, que Ptolémée n’étoit pas l’auteurde cette projection. Cependant Suidas assure bien que Ptolémée avoit fait un pla-nisphère, et Synesius témoigne qu’il en existoit un d’Hipparque et de Ptolémée,mais moins parfait que le sien dont il donne plutôt la description que la démonstra-tion , et qui étoit projetté sur une table d’argent. Au défaut de celui-ci, je me serviraide celui que la tradition revendique à Ptolémée. L’auteur des Nouvelles Tables duSoleil } en a donné les développemens dans un des Mémoires de l’Institut, à l’occa-sion de la traduction qu’un professeur de langue grecque avoit faite de la lettrede Synesius. On pourra, par la comparaison de la description de Synesius avecla construction du planisphère attribué à Ptolémée, décider auquel des deux il ap-partient. Quel qu’en soit l’auteur, j’ai projetté le ciel de Ptolémée pour l’horizond’Alexandrie, conformément à la description du planisphère dont on lui fait honneur,et j’y ai placé les étoiles aux degrés mêmes qu’il a marqués dans son catalogue, enobservant de placer le commencement du signe aries vers le y c degré de la constellationdu bélier 5 parcequ’en vertu de la précession des équinoxes, cette constellation,comme toutes les autres, est sortie de son signe ou douzième partie du zodiaque.En effet, D. Cassini (**) a trouvé que «la première étoile d’aries étoit dans l’in-tersection de 1 écliptique et de l’équateur, 33o ans avant J-C, c’est-à-dire du tempsd’Alexandre-le-Grand, puisque i/jo ans après J-C, elle étoit avancée de 6 j degrésà l’orient du colure de l’équinoxe vernal, du temps d’Antonin.
Les étoiles étant rapportées par Ptolémée aux différentes parties des constellationsqui sont, comme l’on sait, des amas d’étoiles auxquels on a donné des noms d’objetsvivans ou inanimés , il est nécessaire de bien entendre ce qu’il signifie par épaulegauche ou droite, et par d’autres expressions semblables ; car j’ai conservé et lesconfigurations qu’il suppose, et les dénominations qu’il leur donne avec toute l’an-tiquité. Flamsteed se plaint que Bayer dans son Uranomètrie et dans les cartes qu’il ydonne, ait représenté les figures par derrière, excepté le Bouvier, Andromède, etla Vierge, ensorte qu’il a mis aux épaules, aux côtes, aux mains, aux cuisses gauches,les étoiles qu’avant lui Ptolémée et les autres anciens astronomes plaçoient à droite.
(’) Synesii op. gr, lut. ed. Petau.
(**) Mémoire sur un globe céleste , Acad, des Sciences.