PRÉFACE. lxix
Baimbridge en avoit la volonté, comme il nous l’apprend dans sa traduction de Proclus,par laquelle il s’y préparoit, mais à laquelle il s’est borné, rebuté sans doute desdifficultés insurmontables qu’il témoigne avoir rencontrées dès l’entrée du livre dePtolémée. Lalande, dans sa vieillesse, s’étoit mis à tenter d’apprendre le grec pour s’y dis-poser. Fut-ce inaptitude à l’étude des langues dans un âge si avancé, ou impossibilité depouvoir jamais pénétrer assez le sens de son auteur, pour ne pas y substituer ses propresidées , qui le fit renoncer à son projet ? Les difficultés de la matière n’étoient pas pourlui un obstacle, mais la langue lui en opposoit unqu’ilneputfranchir ; tandis que pourd’autres, si la langue leur facilitoit le chemin jusqu’à Ptolémée, ces difficultés leur enfermoiept l’accès. Disons-le donc avec M. Ideler : « Une telle entreprise demandoit desconnoissances trop variées, pour qu’on osât espérer qu’elle se pussent trouver réuniesdans un seul homme qui voudroit sacrifier son temps, ses peines et sa fortune à un tra-vail dont il n’auroit aucun profit à retirer (*) ». Car quels sont, à l’exception d’untrès-petit nombre d’hommes qui se livrent à l’astronomie, ceux qui s’intéressent assezà cette science, pour vouloir acquérir à grands frais le premier traité méthodique quien ait jamais été composé? Quel est l’homme de lettres assez dévoué pour ne se laisserdétourner de l’interpréter et de le publier, ni par l’insuffisance, j’ai presque dit lanullité de sa fortune, ni par l’exemple de ceux que tant d’obstacles ont arrêtés avant lui?
Convaincus de ces vérités, et persuadés qu’un tel travail méritoit l’attention dugouvernement, deux des plus illustres membres de l’institut, que j’ai assez désignéspar leurs ouvrages, ont jugé qu’il ne suffisoit pas d’avoir favorisé cette entreprise , deleurs conseils et de leurs lumières, ils en ont encore représenté l’utilité au ministèrechargé du département des sciences (**) , et leur rapport a été acceuilli avec les égardsdont la présente édition est la preuve et l’effet.
(*) Untersuch, uber die astronom. beobacht. der alten. (**) Prospectuspag . a.