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L’alimentation du canal ne présentera pas des difficultés. La Venoge suffit à fournirl’eau nécessaire. On trouve en effet par un jeaugeage, qui a été opéré pendant les basseseaux sous le pont de La Sarraz , que cette rivière pourrait fournir en minimum huit écluséespar heure, quantité qui est au delà de ce qui peut être nécessaire pour suffire à l’activitéprobable du canal. Le temps de l’étiage excepté, on aurait une quantité d’eau bienplus forte.
Cette quantité d’eau étant au-dessus de ce que l’on peut croire nécessaire pour le ser-vice probable du canal, en supposant même le jeaugeage trop élevé, on peut en conclureque le manque d’eau n’est point à craindre et que ce n’est point ce motif qui pourrait faireécbouer le projet de canal, surtout si l’on fait attention aux moyens d’alimentation sup-plémentaires dont on pourrait tirer parti, même au point de partage. Cette observationsuffit pour rassurer sur la quantité d’eau sans qu’il soit nécessaire de tenir note de cellequi est absorbée par l’évaporation, par les filtrations et fuites diverses. La première deces causes, assez régulière dans son action, serait aisément combattue par les rigolesd’alimentation dont on pourrait disposer ; et la seconde, plus irrégulière mais non moinspuissante, ne pourrait se faire sentir que dans certains points, le canal devant être enmajeure partie pris en déblai dans le thalweg de la vallée presque aussi bas que les eauxqui s’y trouvent et dans un sol assez généralement marneux. Peut-être cependant devrait-on faire quelques ouvrages particuliers pour rendre bien étanche la traversée d’Eclépens à Entreroches. C’est le seul endroit que l’on puisse prévoir en avoir besoin. Cependantcomme dans un avant-projet qui ne suppose pas les sondes et recherches détaillées d’unprojet définitif, on ne peut pas être assuré de n’avoir pas quelques mécomptes à ce sujet;il est heureux que l’abondance de l’eau puisse, cas échéant, suppléer aux pertes quipourraient survenir.
La Venoge dans son cours reçoit divers petits affluents, il n’v en a aucun de bienmarquant, mais tous sont plus ou moins permanents, en sorte qu’ils pourraient êtreutilisés pour compenser les effets de l’évaporation et des filtrations.
Il est bon de signaler ici que le canal tel qu’il est projeté ne nécessiterait la suppres-sion d’aucun des moulins existants, en sorte que son établissement n’entraînerait poureux que les inconvénients momentanés qui peuvent quelquefois résulter d’un semblabletravail pendant son exécution.
Mais si le canal est possible sous le rapport de la quantité d’eau qui lui serait nécessaireet sous celui de la disposition générale de la vallée et de la distribution des biez et desécluses, on ne peut pas se dissimuler qu’il rencontre cependant diverses difficultés très-graves et qui nuisent singulièrement à ce projet.
Ainsi il arrive que dans plusieurs endroits du versant sud, l’emplacement disponible