LXXV
SUR I,A VIE DU GÉNÉRAL FÛT.
qui étaient près de lui. Son regard à demi éteintcherchait à les consoler, et les paroles entrecou-pées qui s’échappaient de sa bouche étaient pleinesd’affection et de tendresse.
Il ne parlait pas de la mort, sans doute pour nepas ajouter à l’affliction de ses amis, qui pleuraientauprès de lui ; seulement on l’entendit répéter plu-sieurs fois quelques phrases, avec l’accent d’unepersonne qui réfléchit à de grandes choses.
Dans la nuit du dimanche, il eut quelques rêves,tels qu’en donne le sommeil procuré par l’opium.Des souvenirs de guerre reportaient sa pensée àces jours de gloire où son épée servait la France .Les neveux du général, ne pouvant plus se faireillusion sur l’imminence des dangers qui le mena-çaient, profitèrent d’un moment de calme pourentraîner sa malheureuse épouse hors de la cham-bre avant le moment fatal.
Quand il vit arriver l’heure suprême, il voulutrespirer encore un air pur, et voir pour la dernièrefois la lumière du soleil. Ses neveux éplorés le por-tèrent dans un fauteuil, placé vis-à-vis une fenêtreouverte; là, se sentant défaillir, il leur dit: «Mesamis, mes bons amis, mettez-moi sur le lit,Dieu fera le reste. »
Telles furent ses dernières paroles. Deux mi-nutes après, Dieu le reçut dans son sein, et soncorps rendit à l’auteur de toutes choses l’ame pureet grande qu’il en avait reçue.
Le général Foy expira à une heure trente-cinqminutes après-midi, le 28 novembre 1825, jour