CHAMBRE DES DÉPUTÉS.— I 82 I. ÎÇflsent aussi. N’annonce-t-on pas tous les jours leprojet de reconstruire la société ? A l’instant mêmeje l’entends avouer à droite : votre loi municipalen’est - elle pas l’institution la plus aristocratiquequ’on ait pu donner à une nation civilisée ? et votreloi proposée sur les communes n’est-elle pas ab-surdement aristocratique ? La loi d’élection est leprivilège des aristocrates....
Un membre: Qu’est-cc que les aristocrates?
M. le général Foy : Je vais vous le dire. L’aristo-cratie, au dix-neuvième siècle, c’est la ligue,la coa-lition de ceux qui veulent consommer sans pro-duire, vivre sans travailler, occuper toutes les placessans être en état de les remplir, envahir tous leshonneurs sans les avoir mérités : voilà l’aristocratie!
Les ministres ont dit qu’ils resteraient à la têtedu gouvernement, et moi je dis que les ministresn’y resteront pas s’ils laissent avilir la France au-dehors, s’ils la divisent au-dedans, s’ils continuentà gouverner inconstitutionnellement.
Je dis qu’ils ne resteront pas, que personne enFrance n’aurait le pouvoir de les y faire rester; quele roi lui-même serait contraint de céder à la forcede l’opinion, parce que le gouvernement n’est quedans l’intérêt de l’opinion, et que, lorsque cetteopinion est aussi claire, aussi patente, aussi posi-tive , aussi prononcée à toutes les heures, à tousles moments, il n’est pas possible à cinq cent millehommes de lutter éternellement en France contretrente millions d’habitants.