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Aussi n’est-ce pas d’un supplément à la liste ci-vile qu’il s’agit, mais bien d’un nouveau crédit àouvrir aux ministres pour des pensions. Et pourquelles pensions, messieurs? La réponse est facile :pour les pensions qui n’auront jaas été méritées;car la législation actuelle a pourvu à la récom-pense de tous les services. Mais la commission jugeque les pages de notre livre rouge ne sont pas as-sez chargées, et que les ministres ne trouvent pasdans les fonds secrets dont ils disposent d’assezpuissants moyens de séduction. Elle leur en offrequ’ils avaient eu la pudeur de ne pas demander.Elle leur jette à la tète les dépouilles de nos guer-riers.
Jusqu’à présent, messieurs, vous avez subvenuaux dépenses publiques par des impôts votés an-nuellement. La commission vous propose d’affec-ter pour toujours à une portion de ces dépensesun revenu qui s’accroîtra sans cesse : ce serait uneanomalie dans votre législation financière ; ce se-rait surtout une criante injustice envers les servi-teurs de l’état. Le roi a pu, dans sa sollicitude,croire que l’utilité commune exigeait le sacrificede quelques intérêts particuliers; mais il ne vousa pas proposé, il ne vous eût proposé jamais defaire passer dans la poche des uns le prix du sanget des labeurs des autres.
Ne savez-vous pas que dans le calcul des pen-sions accordées aux services de guerre, le derniergouvernement précomptait habituellement les au-tres récompenses déjà obtenues, et que, sous ce