CÜAJIBRE DES DÉPUTÉS. — 1821. 363
produit éventuel de la réversibilité et des extinc-tions, à améliorer le sort des donataires, en com-mençant par les plus malheureux, c’est-à-dire parles moindres dotations, et dans chaque classe, parles militaires amputés.
Ainsi vous avez fait l’an dernier pour la Légion-d’IIonneur, et alors votre bienveillance envers lesbraves était balancée par votre devoir d’épargnerla bourse des contribuables. Aujourd’hui vousopérez sur un fonds qui provient de victoires rem-portées sur l’ennemi, et qui n’a jamais dû être verséau trésor public. En vérité, messieurs, quand jevous propose de donner à ce fonds l’emploi inhé-rent à sa nature, c’est bien plus pour votre hon-neur et pour le triomphe des principes que dansla vue de l’avantage qui en reviendra aux dona-taires. J’ai calculé l’effet qu’aurait cette mesure dansune supposition qui dépasse, pour ainsi dire, lesbornes du possible. J’ai vu que, le cas arrivant oùceux qui possèdent encore des dotations mour-raient tous dans le courant de l’année sans posté-rité masculine, il n’y aurait pas de quoi recompo-ser avec le produit des retours, les dotations perduesdes donataires de la cinquième classe.
Dans la monarchie constitutionnelle, le roi estla source de toute justice et de toute grâce; maisla grâce ne commence que là où la justice n’a plusrien à voir. Avant de donner le superflu à qui onveut, il faut d’abord payer le nécessaire à qui onle doit. C’est la justice qui discipline les arméeset les rend citoyennes ; c’est la justice qui entre