3f)4 DISCOURS ET OPINIONS.
C’est clans cet esprit de prévoyance patriotiquequ’en même temps qu’on s’occupait dans les bu-reaux de la guerre de la formation du tableau desvétérans, on a, dans l’espace de douze mois, misen activité les appels tout entiers de 1816 et de1817, et la moitié de 1818. De nombreux cadresde remplacement attendaient l’autre moitié decette année, et les produits futurs de 1819 et de1820. L’enrôlement volontaire encouragé, et lesrengagements facilites, devaient compléter ce queles appels ne pourraient pas donner; et, commeles troupes ne sauraient remplir leur utile et glo-rieuse destination que par une bonne discipline,on établissait cette discipline dans toutes les par-ties du service.
On l’établissait par un système de législationqui n’indiquait le droit de chacun que pour mieuxprescrire à chacun son devoir, et qui, mettantl’armée en harmonie avec nos institutions consti-tutionnelles, n’aurait laissé d’arbitraire dans sonrégime que ce qui est indispensablement inhérentà là profession des armes. L’officier et le soldatétaient contents de leur sort, et zélés pour leursdevoirs. Les nuances d’origine s’effacaient devantla loi commune à tous ; les troupes s’attachaienttous les jours plus étroitement à un gouvernementqui les traitait avec justice et honneur; et, si onne rencontrait plus dans les casernes cet. enivre-ment funeste qui s’attache aux pas du conquérant,on peut assurer du moins que là se confondaientdans un sentiment commun de dévouement et