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Traité de la culture du pin maritime comprenant des études sur la création des forêts, leur entretien, leur exploitation et la distillation des produits résineux / par Eloi Samanos
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CULTURE DU PIN MARITIME

par des écailles superposées le germe du bois prochain sous laforme d’un cône, ce qui lui a fait donner le nom de cône végéta-tif; tel est l'organe qui produit l’élongation annuelle du Pin ma-ritime.

Entre le bois et l’écorce s'accomplit à chaque printemps unépanchement de sève appelée cambium; ce liquide demi-fluides’épaissit et s’organise en un tissu qui forme la zone annuelle del’accroissement de l’arbre, et ainsi à chaque nouvelle sève il seforme une nouvelle zone; de telle sorte qu’il est aisé, en comptantle nombre de ces développements, d’avoir le nombre d’annéesd’existence de l’arbre. Certains auteurs, se croyant assez avancésdans la science forestière, ont établi avec une assurance sansexemple les dimensions annuelles de la croissance du Pin maritimeet, prenant leurs principes pourbase,ils se sont posé des problèmeset sont ainsi arrivés à des solutions intolérables. Cette croissance dubois dépendant soit de la qualité du sol, soit du climat local, soitde l’exposition, voire des soins qu’on lui donne, il est impos-sible de tracer à ce sujet une règle certaine qui conduise à unesolution d’une exactitude irréprochable. Je m’en abstiendrai donc,ne voulant pas donner sur la culture du Pin maritime des principesqui aboutiraient inévitablement à des résultats excentriques. C’estaussi dans la zone d’épaississementou cambium que se trouve la sèvedestinée par son exsudation à l’extérieur à produire la résine ougemme dont nous parlerons plus loin.

Dans des conditions particulières et toutes locales, il est dessujets qui produisent deux pousses dans certaines années; on ditalors que ces Pins ont eu deux sèves; mais la seconde est toujoursassez faible et ne dépasse jamais 15 à 20 centimètres en hauteur.Ce surcroit de végétation ne s’observe d’ailleurs que sur les arbresqui n’ont pas atteint leur vingtième année ; car, depuis cetteépoque, la circulation de la sève s’exécutant sur une plus grandeétendue, la vie de l’arbre devient plus laborieuse et demandeP utilisation de tous les éléments nutritifs qui peuvent lui êtrefournis.

J’ai observé, dans les incisions pratiquées pour le gemmage,que la sève s’épaissit en raison directe de la hauteur de l’arbre ;qu’ainsi la sève recueillie dans les parties élevées de la tige étaitplus visqueuse que celle récoltée au pied de l’arbre; je me suis