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Traité de la culture du pin maritime comprenant des études sur la création des forêts, leur entretien, leur exploitation et la distillation des produits résineux / par Eloi Samanos
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CULTURE DU PIN MARITIME

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tuf imperméable. Quelque temps après leur mise en terre, les sujetslanguissent, dépérissent, se sèchent et meurent. A quelle causedoit-on attribuer un résultat aussi fâcheux ? Au peu de profondeurdu sol. Car, considérez la manière dont se comporte ce terrain dansles diverses variations atmosphériques. Par les grandes pluies, il estcomplètement submergé ; l’eau ne trouvant pas d’issue pour tra-verser la couche imperméable, elle séjourne à la surface et s’accu-mule jusqu’à ce que les beaux jours soient revenus. Ceux-ci arrivés,vous croyez peut-être que le sol va s’améliorer. Il n’en est rien. Cetemps de renaissance et de vie, ce temps sous l’influence duqueltout prospère, ne porte à l’arbre, placé dans ces conditions, que lasouffrance et la mort. Le soleil paraît à peine que déjà cette accu-mulation des eaux disparaît. Toute l'humidité que la terre contient,amenée à la surface par la capillarité, le terrible siccateur l’enlèvepar une évaporation toujours active et sans cesse renouvelée.Bientôt tous les éléments nutritifs ont disparu, et il ne reste dans lesol qu’une aridité désolante, inévitable cause d’une inévitableruine.

Telle est la composition d’une partie du sol des Landes de notredépartement et de celui de la Gironde . La couche arable est très-làible. J’ai même vu des plaines à la surface desquelles il ne setrouvait pas la moindre trace de terre végétale. La stérilité qu’on yaperçoit n’est que le triste apanage d’un terrain composé d’un tufferrugineux, la terrible pierre d’achoppement où sont venus sebriser les projets les plus souriants. Que l’on examine, au con-traire, un pin venu dans un terrain profond. Ses feuilles se parentd’une verdeur indice d’une luxuriante végétation ; ses branchess’étalent avec force ; ses jets annuels sont vigoureux et rapides. Quel’on pénètre ensuite dans le « grand laboratoire de la nature, »comme dit le savant Humfrv Davy, que l’on fouille le sol, tout d’a-bord le regard découvre un pivot long, vigoureux, capable de résis-ter à toutes les fureurs de la tempête ; et puis ce sont d’innombra-bles ramifications latérales ou racines secondaires qui s’étendentcapricieusement en tous sens. De toutes parts enfin, on trouve làune activité incessante, un travail énergique, qui se trahit à l’exté-rieur par une végétation aussi rapide que belle.

Il faut vous en tenir à ce pi'incipc et l’admettre sans appel ; unedes qualités essentielles du sol sur lequel on veut pratiquer des se-