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DES CHAINES CALCAIRES ET ARÉNACÈES (N. io,p.s.)
schiste,gneiss et granité .Quant aux roches anomales,nous n’y trouvons que di-vers gîtes de gypse et un seul des grès de Taviglianaz.
Terrain de molasse et de nagelfluh.
Je me bornerai à rappeler ici les traits principaux qui caractérisent le terraintertiaire dans cette partie de la Suisse .
La ligne de faîte qui, à quelque distance des premières chaînes calcaires, tra-verse le terrain de la molasse depuis les environs de Lausanne jusqu’en Appen-zell, coupe la limite occidentale de la carte près de Diesbach et y donne lieu àla belle voûte de la Falkenfluh, dont on voit depuis Berne les couches épaisses denagelfluh plonger en sens opposés. Cette voûte se continue plus ou moins distincte-ment jusqu’aux environs d’Escholzmatt dans l’Entlibuch. Là, parla rupture dufaîte, il s’est formé une grande vallée anticlinale, dans laquelle se jette la petiteEmmeen sortant des défilés de Flühli. Mais près du village d’Entlibuch le cirquese ferme de nouveau, et la ligne de faîte s’engage dans la région subalpine descontre-forts du mont Pilate, dans laquelle elle reste jusqu’aux bords du lac de Lu-cerne . Ici, d’après les belles observations de M. Mousson, la voûte se trouve rem-placée par un éventail, les couches étant verticales dans l’axe des chaînes de col-lines, et à peu près parallèles aux deux versants de chaque côté.
Au pied de la Falkenfluh et dans le fond de la vallée de l’Entlibuch, on voitpartout affleurer de la molasse dure, qui elle-même repose souvent sur desmarnes rouges ou bigarrées. De même dans les environs de Lucerne , les cou-ches en partie verticales des éventails sont composées de molasse, et cette rochese montre donc décidément inférieure au nagelfluh dans cette partie de la Suisse ,comme dans le canton de Fribourg et aux environs de Vevay.
Entre la vallée de l’Aar et celle de la petite Emine, la molasse du versant sep-tentrional est surmontée par un massif de Nagelfluh à cailloux principalementprimitifs, composés degranites et de porphyres rouges et verts, de serpentine, d’a-mygdaloïde, de variolite et d’autres roches étrangères aux Alpes . Les couchestrès épaisses et peu distinctes de ce nagelfluh sont faiblement inclinées au N.,et se perdent en s’enchevêtrant avec celles de la molasse des collines des environsde Berne et de l’Emmenthal , de manière qu’il ne peut guère rester de doute surl’origine à peu près contemporaine de ces deux roches. Dans le pays moins élevédes environs de Lucerne , ce nagelfluh du versant N. a presque disparu, la mo-lasse et les marnes dominent, et ce n’est qu’en couches et en amas subordonnésque l’on rencontre les traces de ces énormes massifs de poudingue qui compo-sent les collines alpestres clu Haut-Emmenthal.
Une particularité intéressante de ce versant septentrional, c’est le charriagede paillettes d’or des confluents de l’Emme, entre Langnau et Sumiswald , enquantité suffisante pour donner lieu à des lavages. Tout mal conduits que doi-