2
Elle a ainsi été reconnue comme co-État de la Confédération suisse dans tous lestraités, nommément dans celui de Westphalie, de Ryswick et d’Utrecht , et par la républiquefrançaise même, par une déclaration officielle en Décembre 1797, qui cependant, déter-minée de faire la guerre à la Confédération suisse, commença les hostilités par faireprendre possession de Bienne , inopinément et par surprise en Février 1798. Elle ne futcependant point incorporée à la France, par aucun traité d’union; ce qui fit, que Napoléon promit en Janvier 1802 de la rendre à la Suisse avec les pays de sa bannière, de mêmeque la Neuveville, la montagne de Diesse et la prévôté de Moutiers-Grandval, pour enfaire le XXIII e canton. Mais il oublia de remplir cette promesse.
Ses relations avec le prince-évêque de Baie ne consistaient que dans le droit que leprince avait de nommer un Maire, qui résidait à Bienne , avait la présidence dans lesassemblées du conseil, mais point de voix, et n’était là que pour veiller à ce que rien nefût entrepris contre les intérêts du prince. 11 fallait en outre qu’il fût bourgeois de Bienne et membre du petit-conseil. Enfin le prince percevait encore la moitié des amendes enpeines criminelles; et c’était là où se bornait tous ses droits, sans qu’il possédât d’autresdroits régaliens ou privilèges.
Il est même encore à remarquer, que les pays jusqu’à Pierrepertuis faisaient, pour lespirituel, partie de l’évêclié de Lausanne, et non de celui de Bâle .
Les villages ressortissants de la ville sont: Bojeau, Vigneule, Evilard , Macolin, une partiede Frinvilliers et le château de Mache. Toutes ces contrées réunies à la ville, formentune population de 5000 âmes, qui fréquentent une même église. Les écoles sont communes,et une grande partie des habitants, bourgeois de la ville.
2. La ville de ISeiweville, située au bord du lac de Bienne , près des frontières de laprincipauté de Neuchâtel , fut bâtie premièrement, le château en 1288, et puis la ville en1312 sur le territoire de Bienne, par le prince-évêque Henri IV , et fut mise sous la ban-nière de Bienne . Elle reçut de temps en temps de la part des évêques différentes fran-chises, principalement pour chicaner Bienne, et obtint, après que la ville de Bienne futbrûlee en 1367 par l’évêque Jean de Vienne, la bannière sur la montagne de Diesse , quifut séparée de celle de Bienne .
En 1388 elle contracta une alliance avec l’État de Berne , et en 1395 une combourgeoisieavec Bienne .
Elle fut, cependant avec beaucoup de privilèges, toujours sujette de l’évêque. La juri-diction se traitait en première instance par un maire et le petit-conseil, puis appellandopar le grand-conseil, et, enfin en dernière instance par des commissaires envoyés depuisPorentrui, auxquels étaient joints trois conseillers de la ville.
Sa population, y compris le village de Chavanne, se monte à 1300 âmes.
3. La montagne de Diesse, formant au pied du Chasserai, qui est le plus haut pointdu Jura, une plaine, à une hauteur de 2000 pieds au-dessus du lac de Bienne , renfermeles quatre villages de Nods, Prèle, Diesse et Lamboin, qui ont ensemble une populationde 1500 âmes.
La juridiction civile était médiate entre l’État de Berne et l’évêque de Bâle , qui, parsuite de traites, etait oblige de faire exercer sa part de juridiction pjir le maire de Bienne .Les appellations etaient jugées par des commissaires, nommés des deux parties. Dans lespirituel elle dépendait entièrement de l’État de Berne .
4. La mairie d-Or^m consistait dans un seul village, renfermé dans une vallée, situéeau Nord de Bienne à une distance d’une lieue.
L’évêque de Bâle en possédait la juridiction civile, qu’il était obligé, suivant les traités,de faire exécuter par le maire de Bienne .
Le droit de la bannière, ainsi que la juridiction militaire, appartenaient à la ville deBienne , qui possédait encore différents privilèges, dîmes etc. Sa population est de 600 âmes.