Figure du commencement, pourferuir de Préfacé. , , ,,
E cinq portiques qu’on s’imagine qu’il yauoit au Temple des Muses * l'Autheur deces Peintures qui auoit beaucoup d'esprit, afait choix de celuy dc l’Amour, comme duplus proportionné à ses inclinations, ôcaudessein des Tableaux que nous voulonsdescrire. Cen'estpas qùeles quatre autresne ìuy eussent fourny des pensées aussi agréables Lé auflììustes ; mais enfin ne les pouuant tous prendre à la fois, il a eula liberté de choifir : Sc dans le choix qu'il a fait, ilnous a vou-lu enseigner j fans doute, que le plus grand nombre de ceuxqui fe consacrent au seruice des Muses , entrent dans leur Pa-lais auguste par la porte de l'Amour. Cet édifice est d'ordreDorique, plus somptueux à lâ vérité que celuy du Defir, quinVstque de Pordre Toscan,c'est à dire simple Sc grossier, encomparaison des autres 5 mais aussi n’est-il paslfi pompeux queceluy de l’Esperance d ordre Ionique, qui enchérit fur lésdeux premiers , comme l'Eíperance a quelque chose de plusdoux, &: de plus figuré que le Defir Sc l'Amour, estant fondéefur f vil ôéíur l’autre* Il n'est pas mefmes si enjoué que celuyde la Ioye d'ordre Corinthien , qui veut vne conduite mi-gnonne Sc diuersifiée, comme il est vray que la possession oula iôuïssance des biens est pleine de varietez , Lé n'est pas figraue aussi que celuy de la Gloire d’ordre composite, qui par-ticipe des ornements de tous les autres, comme la Gloire estla fin des Désirs-,6c la consommation de l'Amour, de l'Efpe-rance Sc de la Ioye dansyne possession légitimé. La Poésie Scla Peinture ,qui font aux deux entrées de ce noble bastiment*nous font connoistre que l'Amour fe sert admirablement deces deux puissances, aussi bien que des accords de la lyre d’A-pollon, des charmes de l’eloquence de Mercure, pour nous