H E R C V L E. ich
des bords del’Ocean, furie mont de Citheron. Ayantreceulecommandement ”de paster iufques en ces régions , oùle Soleil brûle les terres fur le milieu du iour, "il sépara deux grandes montagnes pour ouurijle passage àvneMerque la furie ,Sdes flots ne luy auoitpû donner depuis tant de íìecles. II emporta les pommes "d’or duiardin des Hefperides, malgré les veilles du dragon gardien de ce trésor 'précieux. Quant à la beste de Lerne,l’horrcur d'vne grande forest; ne l’a-t-il pas ^vaincue par lefeu, 3 cnei’a-t-ilpas tuée, bien que la fécondité de fes testes la ”fcmbloit rendre immortelle ? II a fait tomber duCiel les oyfeaux Stymphalides ”dont les plumes effroyables obfcurciífoient le iour. La Reine des Amazones ne le *put vaincre auec toute la force de fes Vierges belliqueuses: ÔC le sale trauaildcs ’*estables d’Augias ne ternit point le lustre de fes belles actions. Mais quelles font "aujourd’huy pour cela fes récompenses? II est banny delaTerrequ’ilatant de *fois défendue ; 11 n’y a point de peuples au monde qui ne sentent l’abfence de ”celuy qui leur donnoit la paix. Les crimes qui fe commettent auec impunité, "font appeliez vertus : les innocens obéissent aux coupables: il n y a plus de Iusti- ”ce que dans la violence, 8c la crainte opprime les loix. '
La longueur de ces deux beaux endroits du Poete tragique m’empefche d’enrapporter icy les vers, pour venir aux témoignages que nous auons fur le mefmesujet dans les cfcritsde Lucain neueu de Seneque. II dit donc au premier liurede son illustre Pharfale que le spectre d’vne certaine furie reífembloit à cette Me- i-YCAiiLgere qui par les injustes commandemens de Iunon fit changer de couleur à fin- "uincible Hercule qui auoit ouy fans crainte les terribles menaces du Roy des "
Enfers. L
— - - àut qualcm ìujsti Itmónïs inique
Hormis Aïeules , <viso um dite, Megteram.
Dans le 3. liure: Ceux deTrachine quittèrent la montagne d’Oete renomméepar la mort d’Hercule :
Et Herculeam miles Trachinm Octant ■.
D ans le 6. liure faisant la description de la Thessalie où il parle des belles valéesde Tempé j II adjouste, mais depuis que la forte main d’Hercule eut séparé l’O- "lympe de f Oise, 8c que les plus grandes eauxfe furent écoulées par l’ouuerture "de cette brefche,les plaines de Pharfalequ’vn éternel deluge deuoitenfeuelir, "8c qui furent depuis le Royaume d’Achile petit-fils de la Mer, parurentà lavçuë ”du iour, comme Phylacé d’où estoit Proteíilas le premier des Grecs qui ctefcen- "dit au port de Roëte, la ville de Ptelé, Dorion déplorable parla colere des ”Muses, Trachinc Sc Melibée qui ay da merueilleufement à la ruine de Troye *parle prix des flèches fatales qu elle hérita des b ufchers d’Hercule. Et plus bas, “Pholoé qui fut autrcsfoishostedu grand Hercule, quand il s’eiaalla pour vain- "cre de fes fortes mains le ly on de Nemée. Dans le 9. liure où il parle du Iardin "des Hefperides. II y eut anciennement, dit- il, vn riche bocage dont les rameaux "des arbres estoientde fin or,vne troupe de filles en deuoient prendre le foin, "6c vn serpent furieux veilloit fans cefle tout autour, embrassant les troncs de "ces arbres courbez forts le fardeau dumetail précieux. Mais Hercule rauitl’esti- "me qu’on en faifoit, Sc rendit inutile le foin de le garder, dépouillant leurs ra- "meauxdes richestes dont ils estoient chargez, pourporter leurs pommes d’orà ”Euristée Tyran d’Argos. Et autrepart : Hercule, dit-il, regarde fans péril l’Hy- "dre qu’ii défait : '
Amphitrioniddes •vidit ctttn vinceret Hydram.
Mais vn des plus illustres lieux que nous ayons des combats d’Hercule dans lesécrits des Anciens, est celuy, à mon auis,du 4. liure de Lucain ,où âpres que cétexcellent Poëte a décrit la taille 8c les forces redoutables du Géant Antée fils dela Terre, 6c dit, qu il ferepaistoitde la chair des lyons qu’ilprenoit a la chaste;que les peaux des bestes fauuages ny les feuilles des arbres ne luy feruoient point;
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