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de cette porte ? Quelle face de monstre en conserve l’cntrée ? Vne hydreepou- »uantable ouurant cinquante gueules à la fois, & plus cruelle que toutes les Fu-ries, est logée au dedans. Puis onyvoit le Tartare quife précipité en bas,& »s enfonce deux fois autant fous les ombres infernales, qu’il y a d’efpace enre- «gardant le Ciel vers le Cercle cstoillé. -,
Tum demttm horrísono stridentes cardine fier#
Panduntur fort a : ternis cuflodia qualisVeflibulo fedeat ? faciès qua lìmina firuet ?
: - v ' Jpytinquaginta atris immanis hiatibus bydra
■■■ ' Sxuior ìnius habet fedem. Tum Tartams ipfe
7 " Bis patet in prxceps tantuw , tenditque fub ambras,
JPuantus ad Habertum cxli fujpeîìus olympum .
Daftsìe ^.liu. de l’Eneide, où il descrit la colere de Iunon, il adiouste : Quand "laDeeste eut parlé de la sorte, elle s’abaifisa en terre auec le courroux qui la "tranfportoit,& appella des tenebres del’Enfer, &: de l’horrible séjour des Furies; »la lugubre Alecto, à qui peuuent estre seulement agréables les guerres tristes, les "animofitez, les fraudes, & les crimes nuisants. Pluton pere des puissances infer- “nales,amesinedela haine pour ce monstre, fes sœurs la haystént aussi, tant fa ”face cruelle fe change en diuerfes formes qui donnent de l’efíroy, &: tant fa teste ”sombre pullule en serpents, qui luy fervent de cheveux. "
fixe <vbi dicta dédit, terras borrenda petiuitìEn EH fi cam Alecto dirarum ab sedesororumJnfernifque ciet tenebris : cui trijlia bella,
Braque infidixque , dr crimina no xi a cor dûOdit dr ipfe pater Pluton , odere fòroresTartan a monfirum tot fefè 'vertit in orasTarn faux faciès } tot pullulât atra colubris.
Et âpres atioir décrit les ravages que fit Alecto parles commandemens de ìu-non, & la Deesse luy ayant ordonné de fe retirer, le Poëte reprend ainsi son dis-cours. Quand la fille de Saturne eut parlé de la forte, la Furie eleua fes ailes fre- »trustantes parles siffle mens des ferpens, & abandonnant les hauts lieux qui luy "estoientincommodes, elle s’abaissa dans fa demeure duCocytet- ■■■ - - Tateis dederat Saturnia voces.
■'Illa dutem attollit stridenteis ànguibus alatCocytique petit fedem, supera ardua linquens.
A quoy il adjouste : II y a vers le milieu de l’Italie au pied des hautes montagnes »vn endroit célébré appelle Valléefaincte, que la lifieresombre d’vne forest pref- »fe d’vn & d autre costé auec vn feuillage fort épais. Là , vn torrent impe- •»tueux qui fait du bruit entre les rochets, s’engouffre dans vn abyfme, où fe mon- »cre aussi vn antre horrible qui sert de foufpirail à l’inhumain Pluton, LL là s’ou- >»urent les goziers empestez d’Acheron, où fe cacha cette Erinne qui délivra la »terre & le Ciel d’vne grande peine, quand elle ensevelit son odieuse Divinité. ->Ejt locus Italia in média,fub montibus altis,fîobilis , dr fuma multis memoratus in eris ,
Amfancíi valles. Penfis hune jrondibm atrumVrget 'vtrinque latus nemoris, medioque fragojûsPatfonitum faxis, dr torto vertice torrens.hic fpecus horrendum, dr faut firacula PitisHonflrantur : ruptoque ingens Acheronte voragoPiftiferas aperit sauces ; quies eondita ErynnisInuifum numen , terras, cœlumque leuabat.
Etfur le grand Bouclier que le Poëte descrit si heureusement, vers la fin de sonhuitième liure de l’Eneide, Vulcain y auoit dépeint entre autres choses les abyf- *