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LE SOMMEIL.
Pere des mensonges faisans.
Mort qui nous conserue la, vie,
Sommeil qui vois fous tes fanesToute la Nature ajseruie ,
D’vn Dieu toustours veillant adore le repos.
Voilà ccquc i’ay iugé de plus digne d’estre rapporté de diuers Authcurs ,furtous les sujets que mont fourny les Tableaux du cabinet de feuM.Fauereau,dessci gnez par les meilleurs Peintres dc son temps, fur les plus illustres F ables del’Antiquité.
AD D I TI O N S
P O FR LE TABLEAV DES SIRENES.
L E Pocte Clattdien a fait cette Epigramme fur le mefme sujet. Les Sire- C i a v-ncs dans la Mer, sentent vn mal délicieux : Ces filles qui ont des ailes bien.tomme des oy seaux, demeurent entre les écueils Frémissants de S cy le, L l'a- -ûide Carybde: Ces doux monstres habitent des rochers mélodieux dans les "eaux : les périls en sont charmants, ôc la terreur en est agréable au milieu des "flots. Bien qu'on eust eu le vent en pouppe, ou qu’il eust fait enfler les voiles d'vn "nauirepouri éloigner de leurs bords, la voix d’vnc feule dc ces filles eust esté -capable de l’arrester. On ne les vouloir point quitter pour chercher des routes "seures,& la haine du retour donnoit de la ioye ; Aussi fàut-il auoíier qu’il n y "auoit point de douleur k souffrir ; ôc la mort y estoit donnée par les propres mains "de la volupté. '' '
Dulce malum pelago Siren , volucresque fuelUScylUos inter fr émit us , anidamque Charybdin ,
Mufrca fax a fretis habitabant dulcia monstrà.
Blanda série la maris s terror quoque gratus in vndis ,
Delatis licet hue incumberet aura carinis ,
".. r - Imflejsentquefinus venté de fufpe ferentes ,
Figebat vox vna ratem : nec tendere certumDele£ìabat iter reditus , odiumque iuuabat .-Nee dolor vllus erat. Mortem dabat if fa voluptas.
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POFR le TABLEAV DE NlOBE.
A Nge Politianfitl’Epigrammc fuiuante ,fur le sujet de N iobé, changée Angeen pierre. Poli-
IN NIOBEM LAPIDEM. tiak.
H oc efi fifulchrum , intus cadauer non habens rH oc efr cadauer ,& fefulchrum non habens,
Sed est idem cadauer & frpulchrum stbi. .
le Tay ainsi rendue en vers. ^
Ce sefulchre efr sans corps: ce cor f s es sans Jefttlchre ,. \
Mais a luy-mefme ensemble , il est sefulchre & corps.
Ie n’ay pas icy mis des mots différents pour les rimes semblables, afín de propor-tionner dauantage le jeu des paroles du François aucc celles du Latin, outre quenous n’auons point de rimes à sefulchre , & qu’il y en a peu â corps , qui sont pour-tant les mots essentiels de cette Epigramme.
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