PRÉFACE
Le développement des études géographiques ne s’estpas un instant ralenti en France depuis douze ans. Enfaut-il d’autres preuves que l’intérêt croissant provoquépar les questions coloniales et les voyages de décou-vertes ; le zèle patriotique de nos explorateurs que rienne décourage; la réunion de congrès où la France sou-tient honorablement les épreuves d’une concurrencenaguère écrasante ; la création de nombreuses sociétésde géographie dans toutes les régions du territoire, etavant tout l’éclatant essor de la grande société de Paris qui, dans les jours d’indifférence, gardait fidèlementle culte d’une science sans crédit, et aujourd’hui, parles explorations qu’elle suscite, les travaux qu’elle,publie et les récompenses qu’elle décerne, jouit auprèsdes savants de tous les pays d’une autorité qui la metau premier rang 1 .
Ce progrès si fécond a été particulièrement remar-quable en matière d’enseignement. On a compris enfin,sous le coup de cruels revers, qu’il était temps derendre à la géographie dans les écoles françaises sa
1. On compte actuellement en France (1885) quarante-quatre sociétés de géo-graphie; trois ont leur siège à Paris , la Société de géographie de France , laSociété de géographie commerciale, la Société de topographie. Les autres sontcelles de Marseille , Bordeaux , Rochefort, Lyon, Nancy, Rouen , Alger , Oran ,Montpellier , Douai , Lille , Toulouse , Dijon , Lorient , Nantes , etc. Celle de Douai ,fondée sous l’énergique impulsion de M. Foncin, alors recteur de l’académie, estune vaste association qui étend son réseau sur toutes les grandes villes du nord,et groupe plus de 3000 adhérents. La plus ancienne de ces sociétés, la doyennede toutes celles qui existent dans les deux mondes, est la grande société doParis , qui. date de 1821 ; elle a aujourd’hui 2300 membres. Toutes les sociétés degéographie françaises , citées plus haut, publient un Bulletin périodique de leurstravaux.