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Les nègres.
« Le nègre est un grand enfant, tout à l’impression du mo-ment et absolument esclave de ses passions. Aussi les contra-dictions les plus surprenantes se manifestent-elles sans cessedans sa conduite. Il est léger, inconstant, gai, rieur, amou-reux du plaisir avec emportement, fou de danse, de tapage,de parure bizarre et éclatante. Vaniteux à l’excès, il éprouvele besoin de commander, de parler haut, de faire sentir sasupériorité, et cependant il est familier avec tout le mondeet n’a point de morgue hautaine. Il est bon et hospitalier, etavec ses compatriotes et ses hôtes il partage volontiers toutce qu’il possède, ce. qui ne l’empêche pas d’avoir une tendanceinvincible au larcin et à la chicane. Indolent par nature, ilne se réveille que sous l’aiguillon du besoin ou de la passion.Si au fond le nègre n’est pas méchant, il est vindicatif àl’excès, et, comme son amour-propre est immense, il s’offenseaisément de la moindre chose. Très superstitieux aussi, lacrainte qu’il a des fétiches et de leur colère, si on les outrageou si on les néglige, le pousse à des actes souvent abomi-nables. Toutefois, il ne montre jamais de cruauté froide, etles crimes qu’on reproche aux noirs d’Afrique ne sont commisla plupart du temps que sous l’influence d’une excitationaussi violente qu’éphémère. Le nègre n’a qu’une prévoyancetrès restreinte : il est l’homme du moment; le passé ne laissepas de traces profondes clans sa mémoire, et l’avenir ne le
ont continué pendant trois années (jusqu’en 1878) la publication qui parait aban-donnée, au grand regret de tous ceux qui s’intéressent aux études de géographie.En 1876, M. de Saint-Martin, commença à publier le Nouveau dictionnaire degéographie universelle, œuvre magistrale qui se poursuit trop lentement, et unAtlas général dont les trois premières livraisons seules ont paru, mais qui, par lagrandeur du plan, et la perfection de l’exécution, aurait pu rivaliser avec les plusremarquables travaux de ce genre dus aux géographes de l’Allemagne et del’Angleterre. Nous ne mentionnerons pas ici les innombrables écrits, mémoires etarticles géographiques de moins longue haleine, dus à la plume de l’infatigabletravailleur qui a collaboré au Constitutionnel , à la Revue Contemporaine, à laRevue Germanique, au Bulletin des sciences historiques, à la Presse, qui a été undes plus actifs fondateurs et présidents de la grande Société de géographie de Paris , et dont le nom doit être salué avec respect comme celui d’un des réno-vateurs les plus savants, les plus laborieux et les plus consciencieux de la sciencegéographique en France au dix-neuvième siècle.