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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
1» RÉSUMÉ GÉOGRAPHIQUE
I. — GÉOGRAPHIE PHYSIQUE
Limites. — Situé à l’angle nord-ouest de l’Afrique , le Maroc (Gélulie etMauritanie Tingiiane au temps des Romains), a pour limites au nord : laMéditerranée depuis l’embouchure de l’Adjeroud jusqu'au cap Spartel(390 kilom.) ; à l’ouest, l’océan Atlantique , jusqu’à l’embouchure duDràa (830 kilom.); — au sud, une ligne indécise le sépare du Sahara ;— à l’est, du coté de la province française d’Oran , la limite laisse auMaroc les dix ou douze Ksour (villages) de l’oasis de Figuig , coupe leChott-el-Gharbi, et les affluents supérieurs de la Moulouïa, et finit à l'ouestde Nemours , à l'embouchure du Kis, dans la baie d’Adjeroud 1 2 .
Situation astronomique. —Entre 28° et 36° de lat. N. ; et 4° et 14° delong. 0.
Climat. — Salubre et tempéré, ciel très pur ; les hautes montagnes, lesvents de mer, l’exposition rendent le climat tempéré et uniforme. Chaleurtrès forte l’été, froid vif l’hiver sur les montagnes souvent couvertes deneiges ; pluies abondantes l’iiiver. La peste qui décime les populations pro-vient non du climat, mais de l’extrême misère et de la saieté des habitants.Température moyenne de l'année à Tanger 4- 18»; à Maroc + 18°; àMogador , + 20°.
Littoral ; îles. — Les côtes ont un développement d’environ 400 kilomètressur la Méditerranée , et 900 kilomètres sur l’Atlantique ; le littoral de UMéditerranée est escarpé, étroit, resserré entre la mer et les montagnes,habitées par les dangereuses tribus des Ilifîains Berbères (cap Tres-Forcas,îles Zafjarines ou Cliafarinas 3 ), — le littoral de l’Océan est très accidenté(caps Spartel, Blanc, Agadir , Noun) ; le phare du cap Spartel, construit
1. Ces mots ont le sens de : « Extrémité de l’Occident. »
2. Pour l’analyse détaillée de cotte frontière mal déterminée par le traité de 1S15,on peut consulter les Etudes algériennes de M. Ardouin du Mar et, ch. XV.
3. « Les lies Djafarin sont appelées par corruption Zuffarin. Les Espagnols » écrivent Chafarin et prononcent Tehafarin. Le barbarisme Zaffarin rappelle ce» député de l’opposition, sous Louis-Philippe , qui, trompé par l’oreillo, crut qu’il» s’agissait à’îles à farines , ainsi appelées, pcnsait-il, de ce qu’elles produisaient» beaucoup de froment. Partant de là, il blâmait le gouvernement de s’ètre laisse» devancer par les Espagnols dans la prise de possession d’une contrée aussi fer-» tile. » (L.-A. Berbrugger , Excursions ci Tanger , p. 12.)