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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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MAROC .

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Espagnols ne se rendissent maîtres des deux Penon, lesforbans tiraient grand parti de ces places, environnées demontagnes boisées, et très propres à la construction de petitsnavires.

» ... Les montagnards du Riff sont grands chasseurs, pi-rates et bandits. Tls cultivent peu leur sol, dailleurs assezingrat. La rapine et le meurtre ont pour eux un singulierattrait. Us nont quun respect médiocre pour les chérifs, des-cendants du prophète, et sauf leur haine pour les chrétiens,se montrent fort mauvais musulmans.

» Us obéissent à des chefs héréditaires et indépendants, carce nest pas être soumis que de disputer sans cesse à mainarmée ce quun pouvoir détesté cherche à emporter par laviolence. Leur haine pour les sultans nest guère moindre quecelle quils ont vouée aux chrétiens. Sils ne sont pas occupésà repousser les troupes qui viennent annuellement lever chezeux les impôts, ils ont les yeux sans cesse dirigés vers unedouble proie : les prasidios et les navires que le courant en-traîne à la côte. Lorsquils voient un bâtiment que le calme asurpris empêché de regagner le large, ils se précipitenten foule vers les rochers qui abritent leurs embarcations etse dirigent à force de rames, quelquefois avec le secoursde lambeaux de toile, vers le navire, quils abordent etmettent au pillage. Les femmes, les enfants, les vieillardsse pressent sur le rivage et saluent par des cris enthou-siastes le retour des bandits. On se partage le butin. Quantaux captifs, on les maltraite, on les torture, à moins quonne juge opportun de les garder comme otages, en prévisionde quelques revers. Dans ce cas, on se contente de lçs in-sulter. Chaque année, les Riffains pillent ainsi cinq ou sixbâtiments marchands sans distinction de pavillon. Il arrivede temps à autre que les assaillants rencontrent un accueilimprévu.

» Maintes fois des capitaines ont laissé dériver vers la côtedu Riff leur navire chargé de monde et bien armé. Les pil-lards accouraient ; puis tout à coup criblés de balles et de mi-traille, ils se voyaient contraints de regagner leurs retraites,

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