102 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
lion secondaire pour les filles a été inauguré à Constantine en 1880 ; descours du même genre sont organisés à Oran et Philippeville .
Enseignement supérieur. — Il est donné à VEcole préparatoire de médecinet de pharmacie d'Alger (11 professeurs, 50 élèves inscrits) ; à l'Ecole de droit (8 cours, 40 auditeurs) ; — à l'Ecole supérieure des Sciences (7 cours)à laquelle on rattache l'Observatoire; — h-l’Ecole supérieure des Lettres111 cours), de laquelle dépendent les trois chaires publiques d’arabe à Alger ,Oran , Constantine ; — et pour les indigènes, aux trois medracu d’Alger , Cons tantine et Tlemcen , dirigées par des maîtres musulmans, sous la surveil-lance de l’académie et de l'administration (12!) élèves! ; on y enseigne lareligion, la grammaire et la jurisprudence musulmanes ; et on y formepresque exclusivement le personnel de la justice musulmane . Budget del'instruction publique (1870), 2089RIO francs.
Justice. — Une cour d’appel , à Alger ; quatre cours d’assises à Alger , Oran ,Constantine et Bone ; seize tribunaux de première instance à Alger , Batna , !Rlida, üone, Bougie, Constantine , Guclma, Mascara , Mostaganem , Oran ,Orléansville , Philippeville , Sétif , Sidi-hel-Abbès, Tizi-Ouzou , Tlemcen ;quatre tribunaux de commerce à Alger , Bône , Constantine , Oran ; 99 justicesde paix, 118 mehakmas de cadis (les cadis assistés des adel et bach-add,jugent les affaires civiles entre musulmans et tranchent en dernier ressort leslitiges ne dépassant, pas 200 francs. On peut appeler de leurs décisions auxmedjilés consultatives, réunions composées de muplitis et de tolbas). Enterritoire militaire, les affaires criminelles sont instruites par les bureauxarabes et jugées en conscii de guerre.
Cultes. — La religion catholique est celle de la majorité des colons euro-péens. Depuis 1830, de très nombreuses églises ont "été bâties en Algérie .
Il y a un archevêché à Alger , deux écêchés à Oran et Constantine ; des orphe-linats catholiques en faveur des indigènes ont été fondés à Misserghin, Saint-Charles, Mustapha et la Maison-Carrée. — On compte en Algérie environ7 000 protestants.— Les juifs sont nombreux et libres d'exercer en sécuritéleur culte; il y a un consistoire provincial dans chaque département. —Les musulmans ont leurs mosquées, leurs zaouias, qui sont souvent desécoles préparatoires d’insurrection, et leurs confréries religieuses qui cou-vrent toute l'Afrique du nord d'un dangereux réseau. Les associations ditesdes Khouans (frères) très disciplinées et ennemies implacables des chrétiens,sont en Algérie au nombre de sept : les Tedjedjeria d’Ain-iladhi, les Siii-Youssef-llarusali, l’ordre de Mahomed-ben-Abderrahman, celui de Siii Abi-d-Kaier Djilawi, celui de Moul.ey-Taieb, les Aissaouas et les Derkaouas.
Armée. — L’armée d’Afrique forme le 19° corps d'armée et comprend troisdivisions : Alger , Oran , Constantine (en (ont plus de 50 000 hommes en ycomprenant les goums, contingents de cavaliers armés réunis par les chefsdes tribus.
Marine militaire. — Elle est placée sous l’autorité d’un contre-amiral quia sous ses ordres deux bâtiments, une administration et des ateliers atta-chés à la station navale.
Monnaies ; poids et mesures. — Le système métrique est aujourd'hui euusage dans la colonie.
Budget annuel en 1879 : Recettes , 37 181872 fr. dépenses, 35630590 fr.
Les recettes proviennent des impôts arabes et des impôts français :
Impôts français : octroi de mer frappant les marchandises a l’entrée;redevance domaniale de 1 franc par hectare et par an sur les concessions;patentes, contributions et taxes municipales ; droits d’enregistrement et detimbre. — Impôts arabes : l'ichour ou dime, perçu sur les grains, selon