ljet est un des endroits d’Algérie où il existe encore dessinges. Une troupe de cinq pithèques se montra à nous surl’autre bord du ravin 1 . » Paul Bourdi: 2 ,
Ijes cascades du Rummel.
« Une rivière qui change brusquement de niveau n’est pasune chose rare. Les chutes du Rummel, soit à la pointe du sud,à Sidi-Rached, soit à la pointe du nord, au pied de la Casbah,n’ont rien d’exceptionnel, ni par leur élévation ni par levolumedes eaux qui se précipitent. Le phénomène vraiment mer-veilleux consiste dans les voûtes naturelles sous lesquelles larivière passe. Un pareil phénomène ne se présente pas sou-vent aux yeux du voyageur. Je ne crois pas que jusqu’icion l’ait constaté, dans de semblables proportions, autrepart qu’à Constantine . Ces voûtes sont au nombre de quatre.Un sentier qu’on prend au-dessous de la cascade du nordconduit à la seconde voûte, qui a 60 mètres de long. Lesrochers, dans l’intervalle des voûtes, sont à pic et dominentle lit du torrent d’une hauteur de 3$ mètres. On se sentcomme perdu dans ces profondeurs ; les fissures des énormesblocs suspendus sur votre tète sont effrayantes. Le bruitdes oiseaux qui s’ébattent se mêle au murmure de l’eau;
1. M. de Tchihatchef qui parle « du coup d’œil vraiment prestigieux » des grottesde Chubet, ajoute que « l’originalité en était encore rehaussée par les troupes desinges qui animaient les hauteurs » (p. 245). Dans la description qu’il trace dela gorge pittoresque de l’Isser , près de Palcstro, le même auteur écrit : « La pré-» sence des singes ajoute à la gorge quelque chose d’original ; nous vîmes sur les» montagnes du bord droit plusieurs de ces animaux prendre leurs ébats ; on nous» apprit qu’ils se montrent en nombre bien plus considérable lorsque la tempéra-» ture un peu fraîche les fait descendre plus bas » (p. 226). Les hauteurs qui cou-ronnent le littoral de Bône sont aussi, dit-on, habitées par des singes. Strabon ra-conte que Posidonius , longeant les côtes de Libye , avait remarqué que les forêtsdu rivage en étaient remplies.
2. M. Paul Bourde accompagnait, en qualité de correspondant du Moniteuruniversel , la caravane parlementaire, composée de vingt-quatre sénateurs ou dé-putés, qui, en 1879, visita les trois provinces algériennes, et pénétra jusque dansle désert. M. P. Bourde a résumé ses impressions de voyage dans un volume' rem-pli de faits, d’observations exactes, de critiques judicieuses et de descriptions pi-quantes. On a pu dire avec raison de ce livre, qui fait aimer l’Algérie au lecteur,qu’il est un des meilleurs qu’on ait encore écrits sur notre belle colonie africaine.M. Bourde est actuellement un des rédacteurs du journal le Temps ,