« En revenant sur ses pas, on trouve à l’entrée de cetteterrible gorge une série de pierres qui permettent de passersi le courant du Rummel n’est pas trop fort ; on monte pen-dant quelques minutes, au milieu des cactus, des grenadiers,des micocouliers et des caroubiers ; on se retourne de tempsen temps pour voir la cascade qu’on a bientôt dépassée :peu à peu la jolie vallée où circule le Rummel devenu pai-sible se déroule sous les yeux, et l’on ne tarde pas à rencon-trer, près d’un mamelon verdoyant, les bains de Sidi-Mecid.Des sources tièdes fournissent l’eau de ces bains. Les pis-cines et les baignoires ont été taillées, non par la main deshommes, mais par la nature, dans un groupe de rocs rougeâ-tres, tapissées d’adiantes; l’une de ces piscines est d’unelargeur peu commune : on y peut nager à l’aise, en faced’un riant paysage qui contraste d’une manière délicieuseavec les scènes sombres et grandioses dont on est encoreému. » J.-J. Clamageran ,
LAlgérie, impressions de voyage , p. 129.
(Paris , 1882, 2° éd., in-lS, Germer-Baillicrc.)
Le Jurjura : îLcIla Kredidja.
La Kabvlie du Jurjura est un réseau montagneux, aux valléestrès encaissées, composé de deux parties que sépare le massifde Lclla Kredidja, dont le pic ( tamgout ) s’élève à 2 318 mètres.« Le Jurjura est accessible dans toutes ses parties. Il n’est guère» de piton, si escarpé qu’il paraisse, où les bergers kabyles ne» conduisent leurs chèvres en été. Couvert de neige depuis le» commencement de novembre jusqu’au mois de mai. il est à» peu près infranchissable en hiver, mais dans la belle saison,» les bûtes de somme peuvent passer d’un versant à l’autre» sans trop de difficultés, par un certain nombre de petits cols,» Tizi Boidma (l 681 mètres), Açoual (1941 mètres), Thabbourt» Tamellalt (1028 mètres), Tizi-n-Takherrat (1 808 mètres), etc.» Les parties supérieures du Jurjura offrent l’aspect d’énormes» masses rocheuses, sans autre végétation que des cèdres clair-» semés. Dans les cols, dans les vallées que séparent les crêtes,» on rencontre cependant quelques prairies naturelles, qui, après
Il