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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
à Laghouat , où il devait retrouver une partie de ses chameaux,et attendre le matériel qu’on lui avait expédié d’Alger . A La ghouat , le lieutenant-colonel reçut trois lettres peu favorablesd’Ahitârhen', chef des Hogghar, et d’autres plus rassurantesd’Ikhenoukhen, chef des Azdjer. A Ouargla , la mission fut aucomplet. Elle se composait de MM. le lieutenant-colonel FUUters,chef de la mission, Masson, capitaine du service d’état-major,eommandanten second, chargé de l’organisation et de la marche,et de la rédaction de la carte; Bàringer , ingénieur de l’État, chefdu service des observations astronomiques, géodésiques, météoro-logiques; Roche, ingénieur des mines, chef du service géologiqueet minéralogique; Gitiard, médecin militaire, chef du servicemédical, anthropologie, zoologie, botanique, photographie; tousavaient fait partie de la première mission. Les nouveauxmembres étaient MM. le lieutenant d’infanterie de Dianous,et Santin, ingénieur civil. A la mission étaient adjoints deuxsous-officiers, MM. Bennery et Vobéguin, maréchaux des logis,l’un au 3° chasseurs, et l’autre au 3 e spahis. La caravane comp-tait en outre quatorze ordonnances et trente-six chameliers,sept guides Chaamba et un mokkaddem de l’ordre de Tidjani,sans parler des quatre Touareg qui l’accompagnèrent à partird’Ouargla , et des cinq ou six autres qui plus tard se joignirent àelle. Elle emmenait quatre-vingt-dix-sept chameaux de monturepour le personnel, et cent quatre-vingt chameaux de charge, em-portant quatre mois de vivres, huit jours de provision d’eau, lesbagages, instruments et autres objets.
L’organisation et les ressources de l’expédition paraissaientirréprochables, les espérances bien fondées. Toutefois, au mo-ment de quitter Ouargla , M. Flatters apprit par l’intermédiaire denotre consul général à Tripoli , M. Féraud, que le chef des Toua-
1. Le 7 mai 1880, Ahitàrhen écrivait au cheik Flatters : « Nous avons reçu voire» lettre, nous l’avons lue et comprise; vous nous avez dit de vous ouvrir la» route, nous ne vous l’ouvrirons pas... Vous nous avez écrit que vous voulezm venir chez nous par la route d’Amadghor, et vous êtes reparti, cela vaut mieux» pour vous... » — Le 29 juillet, il écrit : « Les hommes ne peuvent être gagnés» que par beaucoup d’argent, car ils sont comme des chiens ; si vous leur donnez« quelque chose, ils viennent; si vous ne leur donnez rien, ils vous mordent. Cette» chose est difficile (ouvrir la route du Soudan ), car personne ne l’a encore faite,» et rien ne me pousse à la faire que la promesse de beaucoup d’argent. »
« Le 2 septembre : « Nous ne pouvons pas vous y faire aller (au Soudan ) ni*» parler en votre faveur ; si vous voulez y aller par une route quelconque, nous ne» vous en empêcherons pas... Ouvrez la route, et s’il arrive quelque chose, vousm le saurez... Nous ne pouvons y aller; restez chez vous, cela vous vaudra» mieux. »