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un tel point que nous aurions couru les plus grands risquesd’être massacrés si nous avions seulement fait mine de nousservir de notre longue-vue. — Jusque bien avant dans lanuit, cette foule hurlante et curieuse ne nous laissa pas uninstant tranquilles. Il nous fallut une grande dose de sang-froid et de patience pour supporter leur fatigante présence. »
Foreh Woleh demanda aux chefs de Koulako un guide pourconduire les voyageurs au Tembi-Coundou. On répondit qu’ilfallait obtenir l’autorisation du chef Tembi. Des messagers luifurent envoyés, et rapportèrent la réponse suivante : « Le roi» Demba de Tembi-Coundou, le grand prêtre de Tembi-Seli et» les autres prêtres de la source sacrée vous font dire que ni» leurs pères, ni leurs grands frères n’ont jamais vu de blancs» et qu’eux-mêmes ne se soucient pas d’en voir. Ils vous font» dire que des hommes comme ces blancs qui apportent des» présents et de l’argent, mais qui ne veulent pas acheter des
j » esclaves ni des bandes de coton du pays, ne peuvent avoir
! » que de mauvaises intentions. D’autres rois les ont laissé
! » passer, cela est vrai; mais' ces rois sont jaloux de notre source
» et certainement ils veulent se joindre aux blancs pour la dé-
» traire. »
Foreh Woleh eut beau s’emporter; la sentence était impla-cable. MM. Zweifel et Moustier passèrent encore deux jours àKoulako, chassant, observant, interrogeant les indigènes, épiantune occasion de pénétrer le mystère des sources du Djoliba.
» Le 1 er octobre, la journée s’écoula sans que les gens deTembi-Coundou lissent la moindre démarche pour nous invi-ter à passer chez eux. Dans l’après-midi, nous eûmes la visited’un Soussou venant de Kono qui nous fit une communica-tion importante.
« Je regrette de vous dire la vérité, mais je ne puis pas» souffrir qu’on vous trompe plus longtemps. Vous ne» verrez pas la source sacrée, car le prêtre Tembi-Seli a» refusé nettement de vous recevoir, et personne ne pourra» changer sa résolution, que ce soit Foreh Woleh, le chef de» Koulako, ou même son frère Demba, roi de Tembi-Coun-» dou. C’est le diable, ou, si vous préférez, c’est Dieu qui