066 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,d’eau ont à la place de la peau de bouc une grande urne enterre terminée par un léger goulot. Ce sont, pour la plupart,des commissionnaires soudoyés par des âmes charitables,afin de désaltérer les passants. Moyennant une légère rede-vance, ils se promènent toute la journée avec leur urne et unetasse où chacun peut boire à volonté : fontaines Wallace am-bulantes qui valent bien les nôtres. » G. Charmes *,
Cinq mois au Caire , chap. vi.
Les sais».
« Rien de plus joli, de plus gracieux que ces sais, espècesde coureurs qui trottent au devant des cavaliers et des voi-tures, armés d’un long bâton et qui crient à tue-tête : « Gare» à toi ! Sauve tes pieds ! A droite ! à gauche ! Place ! place ! »La plupart sont Nubiens ou Abyssins. Leur tête noire, oùbrillent de grands yeux fendus en amandes, est charmantede vivaçité et de finesse. Leur costume est délicieux et n’aque le défaut de ressembler à un costume d’opéra-comique;il rappelle, paraît-il, celui des bateliers du Bosphore, maisavec plus d’élégance et de recherche.-Composé d’un gilet develours, richement brodé d’or ou garni de galons de soie des-sinant les plus jolies arabesques ; d’une large ceinture, dontles bouts flottent au vent ; de culottes blanches, qui se termi-nent au genou et qui laissent passer une jambe noirâtred’une fermeté et d’une souplesse nerveuse étonnantes ; d’unsuperbe tarbouche, posé sur le haut de la tête et d’où s’é-chappe un gland bleu qui retombe jusqu’au milieu du dos;enfin, d’une chemise de gaze d’une propreté immaculée, dontles longues manches, fendues jusqu’au haut du bras et ra-menées sur l’épaule, semblent être des ailes, il forme un en-semble dont la description ne saurait rendre la grâce, l’im-
1. M. Gabriel Charmes a publié dans le Journal des Débats le spirituel etinstructif récit de ses voyages en Orient. Ces articles, à qui nous avons em-prunté déjà une description de Tripoli (p. 351), ont été réunis en volumes. (Cinqmois au Caire; Tunisie et Triyolitaine. (Paris , 2 vol. in-18, Charpentier .)