feu d’artifice qui dure au moins deux heures. La réverbérationdes feux sur la foule est plus belle que les feux eux-mêmes.Des chandelles romaines, tirées sur les bords du canal du Nil ,éclairent les villages arabes de lueurs délicieuses. J’ai rare-ment vu feu d’artifice plus parfait en lui-même ; mais je n’enai jamais vu, à coup sûr, qui fût aussi merveilleusement ré-llcchi et multiplié par l'admirable décor au milieu duquel ilétait tiré. Le Zikr dure encore toute la nuit du Dosseh. Lelendemain matin, la catalepsie est générale et les plus fer-vents sont épuisés jusqu’à l’année suivante. »
Gabriel Charmes,
Cinq mois au Caire et dans la Basse-Égypte.
(Paris , in-18, 18S0, Charpentier .)
lies antiquités égyptiennes»
L’Institut d’Egypte . — Sur les vaisseaux qui conduisaient en Egypte l’armée française en 1798, Bonaparte avait embarqué un corps auxiliaireîle savants, Je littérateurs et d’artistes, qui devaient l’aider « dans la tàcbelaborieuse de faire oublier par les bienfaits de la paix les misères de laconquête. » Cet état-major intellectuel groupait dans ses rangs une variétéde talents brillants et utiles, archéologues et géographes, dessinateurs etimprimeurs, ingénieurs et architectes, géomètres et astronomes, chimistes,minéralogistes, botanistes, chirurgiens, mécaniciens, etc., presque tousconnus, quelques-uns déjà illustres. On en comptait cent vingt-deux en tout,et parmi eux, Monge, Berthollet, Geoffroy Saint-Hilaire, Andréossy, Call'a-relli, Desjjenettes, Larrey, Denon.
Le secrétaire intime et confident du général en chef, Bourienne, qui futun des collaborateurs les plus actifs de cette légion pacifique, nous a laisséde curieux mémoires sur t'œuvre de l'Institut d'Egypte . Après les victoiresde Chchréiss et des Pyramides, Bonaparte le créa par un arrêté du 22 aoûtet le 23, et l’installa dans l’un des plus vastes palais du Caire . Parmi lesmembres de cet Institut, « les uns devaient s’occuper à faire une description" exacte du pays, et en dresser la carte la plus détaillée; les autres en» étudier les ruines et fournir de nouvelles lumières à l'histoire; les autres» en étudier les productions, faire les observations utiles à la physique, à" l'astronomie, à l'histoire naturelle; les autres enfin devaient s'occuper à» rechercher les améliorations qu’on pourrait apporter à l’existence des ha-» bitants par des machines, des canaux, des travaux sur le Nil , des pro-» cédés adaptés à ce sol si singulier et si différent de l’Europe . Si la fortune” devait nous enlever un jour'celte belle contrée, du moins elle ne pouvait“ nous enlever les conquêtes que la science y allait faire ; un monument se” préparait qui devait honorer le génie et la constance de nos savants” autant que l’expédition honorait l’héroïsme de nos soldats 1 . »
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