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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
Les Pyramides ; le Sphinx.
« Notre caravane étant arrivée au pied de la Pyramide de Chéops , beaucoup des nôtres ont voulu y monter, et bien quecet exercice soit extrêmement fatigant, ii est aujourd’hui pos-sible, grâce aux saillies des assises qui, ayant perdu leur revête-ment, forment des gradins * 1 . Quand le revêtement existait, l’as-cension des Pyramides était si difficile et si périlleuse qu’aucunvoyageur n’osait la tenter. Pline raconte que, de son temps, lespaysans d’un village nommé Busiris étaient seuls en possessiond’accomplir ce tour de force auquel ils s’étaient exercés dès l’en-fance. On en est quitte aujourd’hui pour une courbature, mêmelorsqu’on est hissé par deux Arabes et garanti contre une chutepar un troisième qui monte derrière vous. Quant à la des-cente, elle est horriblement dangereuse pour qui est sujet auvertige.
» Il faut aussi une certaine intrépidité pour entrer dans lagrande Pyramide, où l’on ne pénètre que par un canal descen-
ouvrages, et s’y prépara à la découverte qui a fait la gloire de son nom. C’esten 1822, après quinze ans de recherches, qu'il déchiffra la pierre de Rosette ettrouva la clef des hiéroglyphes. En 1828, il fît un voyage en Egypte , à la têted’une mission scientifique officielle pour laquelle un bâtiment de la flotte royalefut mis à sa disposition. Il mourut deux ans après, laissant cette Grammaire etce Dictionnaire qui résument ses prodigieux travaux et ont été les guides de tousles égyptologues de ce siècle.
i. a D’après les calculs de Lelronne, la grande pyramide, lors de son achève-» ment, aurait eu, si l’on suppose qu’elle se terminât par une pierre pointue,» 144 m ,G0. En 1799, elle n’avait plus que ÎSG^^S. Elle a donc baissé, en dix-huit» siècles, de 7“,65. C’est la disparition du revêtement qui a facilité et accéléré>» cette destruction graduelle du sommet. Depuis que les parements ont disparu,» les Arabes , pour faire plaisir aux voyageurs, s’amusent souvent à détacher un» des blocs qui bordent la plate-forme et à le faire rouler jusqu’en bas; aucune» enveloppe lisse ne défend plus la maçonnerie d’en haut contre ce genre de» dégradation. La pyramide de Chéops n’a donc aucun droit à passer, comme le» croient encore certaines personnes, pour Je monument le plus haut du globe,» même si on y ajoute par la pensée ce qu’elle a perdu depuis le temps de» Chéops. Voici par ordre, les hauteurs comparatives des principaux monuments» du globe : Tours de Cologne , 160 m.; flèche de la cathédrale de Rouen , 150 m.;*> tours de Saint-Nicolas, à Hambourg , 14i m ,20; coupole de Saint-Pierre de Rome ,» 143 m.; clocher de Strasbourg , 142 m.; pyramide de Chéops, 137 m.; lourde» Saint-Etienne, à Vienne (Autriche ), 135“,30; tour de Saint-Martin , à Landshut » (Bavière ), 133 m.; clocher de Fribourg en Brisgau (Bade), 125 m.; flèche de la» cathédrale d’Anvers , 122“.40; dôme de Saint-Marie des Fleurs, à Florence ,» 119 m.; cathédrale de Saint-Pierre de Londres , lll m ,30; dôme de Milan , 109 m.;>» tour de la cathédrale de Magdebourg , 103®,60; tour du Rathhaus, à Berlin ,» 88 m.; clocher de la Trinité, à New-York , 86 m.; le Panthéon, à Paris , 80 m.;» tours de Notre-Dame de Paris , 68 m. » — (G. Perrot et Ch. Chipiez, Histoire» de l'art dans l’antiquité, t. I #r , p. 231.)