beauté du type , la grâce de l’expression et la perfection dutravail. Le fait est que la bouche semble encore sourire, et quetoute la figure respire une sérénité solennelle et une souverainebonté.
» Tout ce qui provient de ces monuments funéraires et, enparticulier, de ceux que Mariette a fouillés dans la vaste nécro-pole de Saqqarali, est maintenant conservé au musée de Boulaq,fondé par ce savant et infatigable égyptologue. Là sont rassem-blés et mis en ordre des morceaux dont les pareils ne se rencon-trent dans aucun musée de l’Europe . » (Charles Blanc 1 , Souve-nirs d’Égypte. Temps, novembre 1874.)
Monuments de la Haute-Egypte . — Pour visiter les monu-ments et les villes du Haut-Nil égyptien , on peut choisir aujourd’hui entretrois moyens de transport différents ; le bateau à vapeur qui, en troissemaines, conduit le voyageur avec tout le confort désirable du Caire àPhilœ ; le chemin de fer, qui va jusqu’à Siout, d’où on gagne Tlièbes, soiten bateau, soit à dos d’àne; enfin les dahabiyeks, petites barques, plus oumoins confortables, suivant le prix, qu’on loue au port de Boulaq , et dontle voyageur dispose suivant son caprice ou ses goûts.
Au sud du Caire , en face d ’Uêlomn, célèbre par ses eaux sulfureuses,station recherchée des malades pour la fraîcheur et la pureté de l’air, setrouvent les ruines de Memphis, plus loin la pyramide à degrés de Salc-larah, la pyramide tronquée de bahshour et la curieuse construction àétages de Meidoum , que Mariette et M. Maspero regardent comme la plusancienne tombe de Pharaon qui existe. Quand on remonte le Nil , au suddu Caire , on rencontre le village de Ouasta, où s’embranche la ligne dechemin de fer qui conduit au Fayonm. Le Fayoum est une grande oasisqui nourrit encore cent cinquante mille hommes. Elle est arrosée par unbras dérivé du Nil près de Siout, et maintenu par un barrage dans un litartificiel, le Bahr-Yousouf, ou canal de Joseph, dont le peuple attribue lacréation au fils de Jacob. Le Bahr-Yousouf féconde le desert de son limon,et va se perdre dans le lac salé de la Corne, Birhet-el-Kourovn. L’ancien lacMœris, qui dans l'antiquité, arrosait toute cette contrée, est aujourd’hui àsec; à la place s’étendent des jardins et des champs fertiles, des vergers,des bois de citronniers et d’orangers, des plantations de cannes à sucre etde coton, toutes les céréales de l’Egypte . Ce canton, dans lequel s'élevaitjadis la fameuse Crocodilopolis, et où Lepsius a retrouvé, près de l'ancienlac Mœris, les ruines du Labyrinthe, est encore un des plus admirablementféconds de l'Egypte .
Plus loin, sur la rive droite, les fameuses grottes de Beni-Hassan , qui
i. M. Charles Blanc , né en 1813, mort en 1882, membre de l'Institut, étaitparmi les 900 personnes qui avaient assisté, sur l’invitation du vice-roi Ismaïl, àl’inauguration somptueuse du canal de Suez, et parmi les cent qui curent 1 avan-tage d’être conviés au vovage de la Haute-Egypte . On doit à M. Charles Blanc une Histoire des peintres (Paris , 14 vol. in-18), une Grammaire des arts dudessin (Paris , 1867) et un grand nombre d'excellents travaux d’esthétique.