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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ÉGYPTE . 687

beauté du type , la grâce de lexpression et la perfection dutravail. Le fait est que la bouche semble encore sourire, et quetoute la figure respire une sérénité solennelle et une souverainebonté.

» Tout ce qui provient de ces monuments funéraires et, enparticulier, de ceux que Mariette a fouillés dans la vaste nécro-pole de Saqqarali, est maintenant conservé au musée de Boulaq,fondé par ce savant et infatigable égyptologue. sont rassem-blés et mis en ordre des morceaux dont les pareils ne se rencon-trent dans aucun musée de lEurope . » (Charles Blanc 1 , Souve-nirs dÉgypte. Temps, novembre 1874.)

Monuments de la Haute-Egypte . Pour visiter les monu-ments et les villes du Haut-Nil égyptien , on peut choisir aujourdhui entretrois moyens de transport différents ; le bateau à vapeur qui, en troissemaines, conduit le voyageur avec tout le confort désirable du Caire àPhilœ ; le chemin de fer, qui va jusquà Siout, d on gagne Tlièbes, soiten bateau, soit à dos dàne; enfin les dahabiyeks, petites barques, plus oumoins confortables, suivant le prix, quon loue au port de Boulaq , et dontle voyageur dispose suivant son caprice ou ses goûts.

Au sud du Caire , en face dUêlomn, célèbre par ses eaux sulfureuses,station recherchée des malades pour la fraîcheur et la pureté de lair, setrouvent les ruines de Memphis, plus loin la pyramide à degrés de Salc-larah, la pyramide tronquée de bahshour et la curieuse construction àétages de Meidoum , que Mariette et M. Maspero regardent comme la plusancienne tombe de Pharaon qui existe. Quand on remonte le Nil , au suddu Caire , on rencontre le village de Ouasta, sembranche la ligne dechemin de fer qui conduit au Fayonm. Le Fayoum est une grande oasisqui nourrit encore cent cinquante mille hommes. Elle est arrosée par unbras dérivé du Nil près de Siout, et maintenu par un barrage dans un litartificiel, le Bahr-Yousouf, ou canal de Joseph, dont le peuple attribue lacréation au fils de Jacob. Le Bahr-Yousouf féconde le desert de son limon,et va se perdre dans le lac salé de la Corne, Birhet-el-Kourovn. Lancien lacMœris, qui dans l'antiquité, arrosait toute cette contrée, est aujourdhui àsec; à la place sétendent des jardins et des champs fertiles, des vergers,des bois de citronniers et dorangers, des plantations de cannes à sucre etde coton, toutes les céréales de lEgypte . Ce canton, dans lequel s'élevaitjadis la fameuse Crocodilopolis, et Lepsius a retrouvé, près de l'ancienlac Mœris, les ruines du Labyrinthe, est encore un des plus admirablementféconds de l'Egypte .

Plus loin, sur la rive droite, les fameuses grottes de Beni-Hassan , qui

i. M. Charles Blanc , en 1813, mort en 1882, membre de l'Institut, étaitparmi les 900 personnes qui avaient assisté, sur linvitation du vice-roi Ismaïl, àlinauguration somptueuse du canal de Suez, et parmi les cent qui curent 1 avan-tage dêtre conviés au vovage de la Haute-Egypte . On doit à M. Charles Blanc une Histoire des peintres (Paris , 14 vol. in-18), une Grammaire des arts dudessin (Paris , 1867) et un grand nombre d'excellents travaux desthétique.