retinrent Champollion quatorze jours, vaste nécropole dont les colonnes, lestombeaux, les chambres creusées dans le roc remontent aux pharaons dela douzième dynastie (2 300 av. J.-C.). Les cryptes de Siout sont plusanciennes; les murs en sont çà et là couverts d’inscriptions ciselées avecsoin; quant aux niches où étaient jadis rangées les momies, les statues,les objets d'offrandes, elles ont été depuis longtemps pillées ou détruites.
Près du village à’Arabit-el-Madfouneh sont les ruines des anciennescités de Thinis et à’Abydos , exhumées par M. Mariette . La plus belle deces ruines est celle du temple d’A bydos, construit par Séti I er , et qui étaitenfoui sous le sable d’une colline de la chaîne Libyque. Kêneh, la plusgrande et la plus jolie ville de la Haute-Egypte , est l’une des stations depèlerins du Soudan et de la Nubie qui se rendent à la Mecque . Sa prin-cipale industrie est celle des poteries ; dans les villages fellahs d’alentour,souvent les toits, les murailles, les colombiers sont bâtis avec des pots ; làse forment, sur le Nil , les convois de flottage qui transportent les poteriesde Kéneh au Caire . Sur la rive opposée du Nil , à Iienderah, s’élève letemple d’H athor, tour à tour construit, réédifié et embelli par les Pharaons ,les Ptolémées et les Césars ; « Il est à peu près impossible, dit M. Ebers,» de se retrouver dans les centaines de mille figures et colonnes d’hiéro-» glyphes qui couvrent cet édifice, an dedans et au dehors, comme un» filet étendu sur chaque pierre. »
C’est surtout à Thèbes qu’il faut chercher la splendeur de l’antiqueEgypte . Tout est ruines dans cette contrée, de Gournah à Medinet-Abou et aie Karnak à Louqsor ; les villages n’ont guère d’autres maisons que desdébris de constructions, de vieilles tombes fermées par des portes en bois;devant la tombe s’étend un espace aplani et entouré d’une barrière, oùvivent pêle-mêle enfants nus, ânes, chèvres, brebis, volailles. Dans degrands vases cylindriques faits en limon du Nil , le fellah enferme ses pro-visions, céréales, pois, lentilles, vrais garde-manger que surveillent deschiens hérissés et hargneux.
La salle de Karnak; les colosses de llemnon.
« Imaginez que Paris , dans trente siècles, devienne undésert ; qu’il n’en subsiste plus rien que les ruines de quelquesmonuments et un petit village bâti avec de la terre. Trois milleans se sont écoulés. Des voyageurs, remontant la Seine commenous remontons le Nil , vont à la recherche du Paris d’autrefois.Ils trouvent à leur gauche, sur la rive droite du fleuve lesvestiges du Louvre, les colonnes de la Bourse à demi enterréessous les détritus de la cité antique; puis en aval à quelque dis-tance, une colonnade à moitié renversée, un temple dont lecomble aura disparu, et en descendant plus loin, les piédroits,encore debout, de l’Arc de Triomphe . Sur la rive gauche ilsapercevront les ruines du dôme des Invalides , du Panthéon , duVal-de-Gràce, de l’Observatoire, et par delà ces ruines de vastesnécropoles... Voilà qui peut donner une idée de la situation géo-