2 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
» du vaste continent asiatique, notre péninsule, tout entière, n'offrirait pas» un bassin assez large au Nil , au Yang-Tsé , à l’Amazone ; nos montagnes>> les plus imposantes n’égalent, ni en élévation, ni en étendue, les Cordil-» 1ères ou l’Himalaya ; toutes nos landes, nos dunes réunies, n’augmen-» feraient pas sensiblement les immenses mers de sable de l’Afrique , et» nos archinels ne seraient remarquables ni par la beauté, ni par la gran-» deur, parmi les labyrinthes de l’Océanie. Les productions des trois règnes» offrent, en Europe , peu d’originalité, et, en général, peu d’éclat, peu de» majesté. Nos mines n’abondent pas en or, et le diamant ne se mêle point» parmi nos cailloux. Nous ne pouvons nommer que quinze à vingt espèces» de quadrupèdes, qui nous appartiennent exclusivement ; encore sont-ce» de petits animaux de peu d’apparence, tels que des rats et des chauves-» souris. Notre industrie a singulièrement perfectionné quelques races ani-» males, telles que le cheval, le bœuf, le mouton et le chien; mais nos» meilleures productions naturelles semblent, pour la plupart, avoir été» importées des autres parties du monde. Le ver à soie nous est arrivé» de l’Inde ; la laine fine, de la Mauritanie ; le pêcher, de la Perse ; l’oran -» ger, de la Chine ; la patate et la pomme de terre, de l’Amérique ; nous» ne sommes riches que d’emprunts et de pillage. Mais telle est la puis-» sance de l’esprit humain : cette région indigente, âpre et sauvage, que la» nature n’avait ornée que de forêts, n’avait enrichie que de fer, s’est com-» plètement métamorphosée par une civilisation de quatre mille ans, civi-» fisation interrompue plus d’une fois, mais toujours renaissante sous la» main de peuples non moins industrieux que belliqueux. La science» cherche en vain à y distinguer les bienfaits de l’art des produits indi-» gènes; la culture a changé jusqu’au climat. La navigation y a apporté les» végétaux de toutes les zones. Cette Europe , où le castor bâtissait en paix» ses digues et ses cabanes au bord des fleuves solitaires, s’est peuplée» d’empires puissants, s’est couverte de moissons et de palais. « (Malte -Bnuit; Europe , VII 0 Partie, t. VI, Introd.)
L’Europe a la forme d’un triangle, dont la base continentale s’appuie surl’Asie , entre la Caspienne et la mer de Kara , dont les côtés sont maritimeset dont le sommet se trouve à la pointe espagnole de Tarifa ou Marroqui :elle a 3400 kilomètres du nord-est au sud-ouest, 3900 du nord au sud; sespoints extrêmes sont : à l’occident, le cap de Boca (Portugal ), à l’orient,la ville ouralienne de Sverinogolovsk, sur le Tobol; au nord, le cap Nord,dans l’ile Magerô (Laponie ) ; au midi, Isleta de Tarifa (détroit de Gibraltar ).Ses frontières maritimes sont formées : au nord et à l’ouest par la merGlaciale arctique, et Vocéan Atlantique; au sud, par la mer Méditer ranée , qui la sépare de l’Afrique ; par Y Archipel, la mer de Marmara etla mer Noire qui la séparent de l’Asie Mineure. Ses limites de terre sont :au sud, une ligne conventionnelle qui part de la mer Noire , au sud deBatoum , se dirige à travers les montagnes, au sud, puis à l’est, passe entreKars et Erzeroum , coupe le haut Aras, suit parallèlement ce fleuve etle rejoint au nord du mont Ararat , pour ne plus le quitter jusqu’à llara-donny ; de là elle rejoint au sud la mer Caspienne au port à’Aslara.
Situation astronomique. — 36° de lat. N. (caps Marroqui et Matapan) et7l°10’ de lat. N. (cap Nord ); — et 12°40' de long. 0. (pointe Dunmore,Irlande) et 60° de long. E. (monts Ourals).
Superflcie et population. — 9 900 000 kilom. car. — 330 320 000 hab.(en 1880), 33 par kilom. car.
Climat. — A l’exception de la Russie centrale, le territoire de l’Europe est partout soumis à l’influence bienfaisante et modératrice de l’Océan et