22 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
la baie de Caernarvon, fermée au nord par Anglesey et l'ile Holyhead , ausud, par la longue presqu’ile qui se termine au promontoire de Braich-y-pull. De ce point au cap Saint-David, s’étend le canal Saint-Georges ;et le rivage, s’enfonçant à l'est, forme la baie de Tremadoc et celle deCardigan. Au sud dû comté de Pembroke , les baies spacieuses de Saint-Brides et Milford-Haven commandent l’entrée du canal de Bristol, dontle littoral est frangé de golfes et de ports; au fond, se jette la Severn .La cote, plate sur la baie de Bridgewater, se relève aux falaises A'Ex-moor, s'abaisse de nouveau à la baie de Barnstaple , en face de Filede Lundy, surmontée d’un phare, puis se hérisse encore de falaises escar-pées dans la péninsule de Cornouailles (baie de Saint-Yves, caps Comwallet Land’s End). Au large du cap Land's End, s’étalent les cent quarante-cinq îlots rocheux des Scilly ou Sorlingues, dont cinq seulement sont habi-tés [Saint-Mary s, Tresco, Saint-Martin, Sainte-Agnès, Bryher). « C’est» au Land’s End (fin de la terre), écrit M. Esquiros, que les masses grani-» tiques atteignent tout à coup un développement cyclopéen et formidable.» Les rochers qui hérissent ce promontoire forment les dernières vertèbres
» de la grande épine dorsale de l’Angleterre.Le voyageur arrive au pro-
» montoire de Land's End, le Balerium des Romains, en suivant une» bruyère sur le bord de laquelle s’élèvent des pierres grisâtrés ressem-» blant à des tombes antiques. Le promontoire lui-mème, head-land, se» compose d’une série de rochers qui s’avancent dans la mer comme les
» bastions d’une forteresse.Le Land’s End est un des sites les plus
» imposants qu'on rencontre sur les côtes de l’Angleterre: Il n’est point» d’ailleurs la seule merveille qui s’élève à l’extrémité de la Cornouaille ;» toute cette côte abonde en promontoires hardis, parmi lesquels je citerai» celui de Pardenick. Dans ces entassements de débris, qui font face à la» mer, l’œil découvre des flèches, des arcades, des voûtes, des piliers» presque aussi parfaits que s’ils avaient été creusés par le - ciseau ; en un» mot, tons les types des édifices historiques. L’imagination va plus loin» encore; elle croît saisir des ressemblances entre la forme de ces rochers» et certaines figures humaines; c’est ainsi que le langage populaire de la» Cornouaille a donné le nom de docteur Johnson à une pierre ronde et» massive, et celui de docteur Syntaxe à un bloc de granit représentanta bien la tête d’un vieux maître d'école. D’autres masses de granit, écrou-» lées dans la mer, 1 ont également reçu, autour du Land’s End, des nomsn curieux; voici le Chevalier (Knight ) avec son armure et son panache den pierre ; voici encore Ylrlandais (Irish Lady ) 1 . » — 2° Côtes de laManche . La direction générale est du sud-ouest au nord-ouest. Au sudde Penzance et de Marazion , s’ouvre la première baie de la Manche britan nique , Mount’s Bay, jusqu’au cap Lizard. Au fond, se dresse, à 80 mètres,le mont Saint-Michel de Cornouailles , très semblable au mont Saint-Michel breton, tour à tour ile ou presqu’ile, suivant les alternatives de marée.Le cap Lizard est célèbre par ses rochers pittoresques, ses grottes mysté-rieuses, la richesse de ses minéraux, mis en œuvre par les lapidaires desenvirons. A l’ouest, sont les baies de Falmoulh, Saint-Austell et la baiedes trois cités maritimes, qui paraissent n'en former qu’une seule, Devon -port, Stonehouse et Plymouth , celle-ci, la plus ancienne, formidable plarede guerre, hérissée de canons, abritée contre les flots par son prodigieux