74 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
» longue voûte élevée dans une proportion élégante, ces colonnes droites,» ces angles rentrants et saillants, dont les arêtes sont si pures, tout» semble indiquer que le ciseau d’artistes habiles s’y est exerce, car cette» grotte n’est point basse comme les cavernes ordinaires, et l’on n’y dis-» tingue aucune pierre, aucun fragment, qui ne soit prismatique, c’est-» à-dire parfaitement et régulièrement taillé. On ne peut mieux comparer» cette voûte profonde qu'à une grande église gothique dont la nef présen-» ferait deux rangées de colonnes qui auraient été brisées, et transportées» tout debout, mais ayant des hauteurs inégales, à la droite et à la gauche» de l'édilice noirci par les flammes. » (Panckodcke, Voyage pittoresqueaux Hébrides .) Cette grotte mystérieuse, peuplée par les légendes devieux bardes qui s’accompagnaient avec des harpes en chantant, était unthéâtre merveilleusement choisi pour les fictions poétiques, dues à l’imagi-nation du littérateur écossais James Macpherson , l’habile créateur despoèmes d’Ossian.
L’île de Wigtat.
« L’ile de Wight n’est pas faite pour les économistes, qui nedaignent passer le détroit que pour visiter les docks de Londres ou de Liverpool, les chantiers de Chatham, les fabriques de Bir-mingham ou les usines de Cornouaille; on n’y trouve pas degrandes manufactures ; on n’y est nulle part aveuglé par-la fumée du charbon de terre, quoique l’ile de Wight soit bienincontestablement anglaise, qu’elle appartienne au comté doHampshire et ressortisse au diocèse de YVinchester. La nature afait tous les frais de sa parure; elle seule y est intéressante à étu-dier, et si les hommes de notre siècle y ont mis la main, ce n’estpas pour y creuser des mines ou empoisonner l’air parfuméqu’on y respire en y élevant des hauts-fourneaux, c’est pour ytracer de jolies routes aussi soigneusement dessinées et sabléesque celles d’un parc, y bâtir trois ou quatre petites villes bienpropres et bien gaies, ou y semer enfin des milliers de délicieuxcottages. »
L’ile de Wight jouit en Angleterre d’une réputation de beauté incompa-rable. Géologues, antiquaires, naturalistes, artistes, amateurs, valétudi-naires, baigneurs, tous s’accordent à en vanter les curiosités et les charmes.On l’appelle la miniature de l’Angleterre, la perle du détroit, une corbeillede fleurs et de fruits jetée à la surface des eaux, etc. Elle conserve desrestes de vieilles murailles normandes et les tours crénelées de châteauxféodaux; elle montre tour à tour au visiteur ses falaises rongées par lesvagues, ses collines revêtues de gazons fins, ou les masses sombres de sesgrands chênes, de ses tilleuls et de ses ormes centenaires. Son climat estd’une douceur telle, que les figuiers et les fuchsias y croissent en pleineterre, et que les myrtes tapissent les murs de ses maisons. Y cherche-t-ondes souvenirs historiques? Elle porte la trace de la conquête romaine et