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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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GRANDE-BRETAGNE ET IRLANDE ,ccnlre de la ville pour être plus près des champs. L’été on s’é-chappe dès qu’on peut pour visiter un ami dans sa ferme oupour passer quelques jours en voyage dans une contrée re-nommée pour ses beautés naturelles. Tous les sites un peupittoresques du pays sont parcourus tous les ans par unefoule qui en jouit avec cette joie sereine et silencieuse parti-culière aux Anglais . Le grand bonheur est d’aller jusqu’enÉcosse , pour respirer à l’aise la senteur des bruyères etrêver de la vie vagabonde des caterans de Walter Scott . »(L. de Lavergne 1 , Essai sur Y économie rurale de l’Angleterre,de l'Ecosse et de l’Irlande , ch. ix, Paris , 2° édit., i865.Guillaumin.)

La Société do statistique de Londres comptait en 1877 dans le Royaume-Uni 200 000 propriétaires terriens environ, sans tenir compte de ceux quipossèdent moins d’un acre de terre; l’Angleterre en a 170 000, l’Irlande 20 000, l’Ecosse 10 000. — M. de Lavergne évalue le nombre des proprié-taires en France à 5500 000, dont 2/3 cultivent leurs propres champs. —En Angleterre 3 184 individus possèdent entre eux 15 500000 hectares, plusdo la moitié du royaume; parmi eux, il en est 421 qui ont ensemble9 150 000 hectares, soit 21700 hectares en moyenne par personne; 90 autresont plus de 2i 000 hectares chacun. En tète de ceux-là vient le duc deSutherland, qui étend son droit de propriété sur 482000 hectares,rfiu nordde l’Écosse , et qui fait d’ailleurs le plus noble usage de son immense for-tune, transformant par des dépenses énormes en terres arables et en pâtu-rages, les marais et les fondrières du comté qui lui appartient presquetout entier. Après lui, le duc de Buccleugha 460 000 acres; le marquis deBreadatbane 437 000, sir James Matheson 426 000, etc ; onze autres pro-priétaires écossais , comme les précédents, ont entre 200 000 et 150 000 acres(l’acre = 40 ares) ; tels sont les ducs de Devonshire, de Northwnberland,d'Argyll, d’Hamilton, sir Mackenzie, etc,. Presque tous appartiennent à lavieille aristocratie territoriale ; ils occupent les grandes charges de la Cou-ronne, peuplent la Chambre des Lords , et détiennent une portie.n du pouvoir.

1. M. Léonce de Lavergne, littérateur et économiste français , membre del’Institut, sénateur, né à Bergerac en 1S09, mort,à Versailles en 18S0, fut suc-cessivement maître des requêtes au Conseil d'Etat , chef de division au mi-nistère des affaires étrangères, puis député du Gers (1846). Démissionnaire en1S48, il devint un collaborateur assidu à la Itevue des Deux-Mondes, et y publiade nombreux travaux sur l’histoire contemporaine et les relations étrangères, dosétudes de littérature, de voyages et d'économie poli tique. En 1855, il fut élu à l’Aca-démie des sciences morales et politiques ; en 1871, député à l’Assembléenationale par la Creuse , et sénateur inamovible en 1875. 11 était membre duConseil supérieur de l’agriculture et professeur d’économie rurale à l’Institutnational agronomique. Ses principaux ouvrages sont : un Dictionnaire encyclopé-dique usuel (in-8°, 1841) ; Economie rurale de la France depuis 17S9 (in-lS, 1S60 ;3 » éd. 1866); les Économistes français du dix-huitième siècle (1870, in-S°); lesAssemblées provinciales sous Louis XVI { 1S79, 2° éd., in-lS), etc.