142 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
arrive plus tard aux vues d’ensemble 1 . » (H. Taine, Notes surl’Angleterre, publ. par le Temps, 1871.)
Pour stimuler le travail des élèves, les Anglais ont fait de l’enseignementun concours permanent : outre les compositions périodiques, chaque classe,chaque exercice est en quelque sorte une composition qui donne lieu à unnouveau classement, et les résultats sont tous consignés dans un tableaud’avancement, qui est le livre d’or de l’école.
« Les prix des écoles publiques ressemblent plus à nos prix d'académiequ'à ceux de nos lycées. Ils consistent en médailles ou livres, généralementd’une valeur assez élevée (75 à 1230 francs). Si ces récompenses, dues auxlibéralités privées, sont plus opulentes que les nôtres, elles sont décernéesavec moins d’apparat. Point de séance solennelle, point de public convoquéau loin, point de fanfares; à Eton, les prix se donnent à huis clos, dansl'enceinte d'une classe, sans que le reste de l’école en soit même informé.En stimulant le travail, les Anglais craignent d’enivrer la vanité. Les prixsont le résultat d'un concours ordinairement facultatif. Souvent plusieursclasses à la fois peuvent y prendre part ; le sujet est parfois un travailétranger à l’enseignement des classes ; telle branche de littérature qui nefait pas partie du cours d’études, est mise au concours et récompensée parun prix. C’est ainsi que l’histoire moderne est apprise par les bons élèves,sans être enseignée par les maîtres... Les pensions annuelles sont des ré-compenses plus magnifiques encore. Toutes les écoles publiques décernentà leurs élèves les plus distingués un revenu annuel de 30, 40, S0, 100 li-vres sterling (750, 1 000, 2000, 2500 francs). Ces pensions peuvent être via-gères et constituer à un homme de lettres une position modeste, mais tran-quille et sûre, où il est libre de continuer ses travaux et d’attendrepatiemment les succès ultérieurs de la carrière qu’il embrasse 2 . » (Demogeotet Montucci.)
1. M. Taine (Ilippolyte-Adolphe), néaVouziers en 1828, philosophe, historien etlittérateur, membre de l’Académie française , renonça de bonne heure à l’ensei-gnement universitaire, où il avait débuté après des études brillantes au col-iège Bourbon et à l’Ecole normale supérieure . Docteur ès lettres en 1853 avecune thèse originale ( Essai sur les Fables de La Fontaine , in-8°), il publia en1854 l'Essai sur Tite Lire, et en 1S56 les Philosophes français du dix-neuvième siècle, où il critiquait et raillait les maîtres de l’enseignement spi-ritualiste officiel et leurs doctrines. En 1864, M. Taine fut nommé professeurd’histoire de l’art et d’esthétique à,l’École des beaux-arts. Les autres principauxouvrages de cet écrivain brillant et de ce penseur fécond sont : Voyage auxPyrénées , souvent réimprimé (in-S° et in-18, 1855-1SS1); les Essais nouveaux decritique et d'histoire {2 vol. in-18, 1857-1865; VHistoire de la littérature anglaise(186-4, 4 vol. in-8° et 5 vol. in-12), que l’Académie française refusa de couronnerà cause des doctrines de l’auteur ; Voyage en Italie (186fî, 2 vol. in-8°) ; une sériode volumes intitulés : Philosophie de l'art en Italie, en Grèce, dans les Pays-Bas (4 vol. in-18, 1865-68) ; De l’intelligence (2 vol. in-8°, 1870 ; Notes sur l’An-gleterre (1872, in-18). Enfin l’œuvre capitale de l’auteur jusqu’à ce jour est sonouvrage sur les Origines de la France contemporaine et la Dévolution (4 vol.in-8", 1876-84)
2. Outre les écoles publiques, divisées en classes élémentaires ( lower school) etclasses supérieures ( upper school), les écoles privées pullulent en Angleterre.« Chaque ville, chaque village autour des grandes villes renferme plusieurs» académies où un maître, assisté quelquefois d’un sous-maitre, réunit dans sa