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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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208 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,avancée vers l’embouchure du fleuve livrent passage aux va-gues, qui courent furieuses jusqu’à la seconde écluse et s’ybrisent. Ces masses de pierre tiennent tête à l’Océan, cespuissantes machines que dirige un art fondé sur l’expérience,ces portes qui s’ouvrent et se ferment selon le courant et leniveau des eaux, selon la direction des vents, tout cela révèlel’existence d’un système admirable et compliqué; tout celaannonce une sorte de providence administrative qui veille surla Hollande.

» Les digues, les écluses, tous ces grands ouvrages de dé-fense élevés contre les eaux extérieures, comme on appelle iciles fleuves et la mer, n’auraient point suffi à rendre la Hol-lande habitable, si le pays n’eût trouvé encore l’art de se dé-barrasser des eaux intérieures. Par suite des pluies, des crueset des débordements de rivières, il s’était, de date immémo-riale, formé des flaques, des lagunes, de perpétuels marais,qui s’étendaient très avant dans les terres, et qui défiaientpartout la culture. Une autre cause de la présence des eauxétait l’extraction de la tourbe. Manquant de bois, les habi-tants se virent contraints de fouiller la terre pour se chauffer,et les tourbières exploitées ne tardèrent point à se changeren lacs. La Hollande présentait alors ce singulier spectacled’un peuple sans cesse menacé par les inondations et occupésans cesse, malgré lui, à faire de l’eau. C’est contre un telétat de choses et contre de tels dangers que l’art hydrauliqueétait appelé à réagir par la création des polders. On appelaainsi, d’un mot hollandais qui veut dire terres endiguées, lesanciens marécages que les premiers habitants entourèrentd’enclos, de faibles digues, et qu’ils munirent de grossièresécluses. Le système des polders se développe avec les progrèsde l’agriculture et de l’industrie. Dans l’enfance de l’art hy-draulique, on ignorait l’emploi des machines. Ce n’est queplus tard qu’on mit à contribution, pour le dessèchement desterres, un des ennemis de la Hollande, le vent. »

Les premiers moulins hydrauliques à vent furent, dit-on, établisvers 1408 ; d'abord chétifs et incomplets, ils furent perfectionnés, et, à iatin du quinziéme siècle, l’usage s’en était généralisé dans tous les districts;