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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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PAYS-BAS.

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o Une fois par semaine, l 'Ooster-poort voit défiler, sous soncintre bruni par les ans, une foule de piétons, de cavaliers et dechariots, et peut se croire revenu au bon temps. C'est le jeudi,jour du marché. Hoorn est après Alkmaar la ville du Nord-IIolland se traitent les plus grosses affaires en fromages. Lesvoitures se mettent de bonne heure en route. « Boer-wagen »et « Boer-chais», tilburys ou chariots, couverts de sculptures bi-zarres et de peintures criardes, accourent de tous les pointsde lhorizon. Les chariots se dirigent vers le « Poids » etles tilburys vers lauberge. A dix heures, la place du marchéressemble à un parc dartillerie. Les fromages sentassent parcentaines, empilés comme des boulets. Leur belle écorce jaunebrille comme de lor, et tout autour circulent, calmes et réflé-chis, les paysans silencieux et vêtus de noir. Tout à coup, deuxdentre eux saccostent, ils échangent quelques mots, puis sefrappent à plusieurs reprises dans la main, en crispant unou plusieurs doigts. Cest ainsi quont lieu les transactions.Lacheteur et le vendeur, toujours prudents, ne disent que legros du prix, et lappoint est indiqué par la poignée de mainquils échangent. Dès quun marché est conclu, vous voyez accou-rir les porteurs du « Poids ». Ils sont vêtus tout de blanc, àlexception de leur chapeau, qui est bleu, rouge, jaune ou vert,suivant la balance à laquelle ils appartiennent ; chaque balanceayant sa couleur particulière. Les fromages sont entassés sur unbrancard et transportés au « Poids », ils sont pesés officielle-ment. Ensuite lacquéreur en prend livraison. »

A Enkhuizen , il reste K 000 habitants sur 60 000, le port estpresque vide et les rues désertes; la fabrique de bouées de lEtat,lorphelinat des bourgeois, et la société créée pour la pêche delàbaleine, nont pas ranimé cette ville morte. « Si Enkhuizen est» un vaste cimetière, Medemblik est un vrai tombeau. A la par-» courir, on se sent envahi par une mortelle tristesse; on» éprouve une sensation de froid. Et pourtant ce port sans na-» vires est un des plus vastes qui soient sur le Zuyderzée. Ces» quais sans passants, ces allées sans promeneurs, ces prome-» nades séculaires, ces rues désertes et abandonnées sont larges,» bien situées, bien bâties, et si elles se ranimaient, ce serait» une charmante ville, de celles quon aime à visiter et quon» tient à revoir. » (IL Havard, ld.)

Medemblick jadis battait monnaie, et dans ses vastes chantiers, construit