PAYS-BAS.
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sible de les confondre. Le juif portugais est svelte, bien prisdans sa taille ; il a les cheveux noirs et le teint brun, l’œil grandet bien formé, et son nez n’affecte point d’allures fantastiques.Sa lèvre est mince; ses pieds, ainsi que ses mains, ont conservéune petitesse toute sémitique. Il soigne volontiers sa personne,aime les bijoux ; eu un mot, il a, malgré son long séjour en Hol-lande, conservé tous les caractères des races asiatiques. Joignez àcela qu’en contact avec les races latines, il a contracté le goûtdes arts et qu’il exprime sa pensée avec clarté et même avec élé-gance. Presque tous les écrivains et presque tous les journalistesjuifs de mérite auxquels la Hollande a donné le jour appartiennentà cette fraction du sémitisme néerlandais . L’un des plus illustrespoètes qu’aient produits les Pays-Bas, Da Costa, était.un juifportugais.
» Les juifs allemands, qu’au siècle dernier on appelait com-munément « smousen » présentent au physique et au moral descaractères absolument différents. Ils sont trapus, mal bâtis, avecla tète grosse et les mains énormes. Leurs cheveux blonds etcrépus, leurs barbes rouges sont dans un état de délabrementspécial ; le défaut d’entretien en fait le réceptacle d’une fouled’objets les plus disparates. Joignez à cela des vêtements troués,graisseux et imprégnés des plus détestables odeurs ; des visageslippus et chassieux, des bouches énormes et généralement éden-tées, des yeux qui persistent à pleurer toute l’année la Jérusalem •absente, et vous aurez une idée de cette triste population. Abjectede père en fils et de mère en fille, loin de vouloir sortir de sonabjection, elle semble s’y complaire. L’expérience, en effet-, n’estplus à faire. Tous ceux qui, par leurs talents, leurs aptitudessociales ou leur volonté, se sont placés hors de ce funeste milieu,sont devenus des gens de bien et des hommes comme il faut, etsont les premiers à gémir sur cette sorte de lèpre qui s’attache àune partie de leurs coreligionnaires, et sur l’état de dégradationmorale et physique où ceux-ci s’entêtent à croupir.
» Ces israélites éclairés, instruits et au-dessus des préjugésridicules, forment une troisième classe parmi les juifs amster-damois. Les deux premières doivent leur surnom à leur paysd’origine. C’est l’humour hollandais qui a donné à la troisièmele nom sous lequel on la désigne. Ces israélites, en effet, sontappelés plaisamment les spelijoden (juifs qui mangent du lard).Comme leurs coreligionnaires français , ils n’hésitent pas à relé-guer parmi les pratiques vieillies toutes les tendances par trop
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