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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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23i LECTURES ET ANALYSES' DE GÉOGRAPHIE.

» quet en passant. » Les tulipes surtout, dont les variétés se comptent parcentaines, sont toujours l'honneur des horticulteurs hollandais. Mais ilsnont plus le monopole de lindustrie des fleurs : Gand , Iieilbronn, Nice ,vingt autres villes disputent à Haarlem les marchés de l'Europe et du nou-veau monde. Au dix-septième siècle, la tulipe Semper Augustus sétaitvendue 13 000 florins; aujourdhui les plus beaux oignons de cette variéténe dépassent guère le prix de 10 à 12 florins.

Une promenade à Broelc.

Broek est situé à dix kilomètres au nord dAmsterdam , non loin duZuyderzée. La plupart des maisons de ce village coquet, verni et reluisant,appartiennent aux riches négociants de la grande ville. Le Broek d'aujouv-.dhui ne ressemble plus que de loin au Broek d'autrefois; il doit sa célé-brité universelle à la bizarrerie de ses constructions, à lextravagance deses formes, et à la fureur de propreté des habitants. Quoique déchu, il estencore visité par tous les étrangers qui viennent en Hollande. Dans unechambre de la maison quil décrit, M. de Amicis a vu un livre énormecontenant plusieurs milliers de cartes de visite et de signatures manuscritesde tous les pays. Il cite les noms de Victor Hugo , do Walter Scott , dEmile Augier , de Gambetta. Les Hollandais sourient quand on leur parle deBroek, haussent les épaules et parlent denfantillages ; quelques-uns sirri-tent et demandent avec aigreur si les étrangers nont pas dautres façonsse moquer deux. Ils ont raison : létrangete de Broek touche au ridicule etsert de thème à dinépuisables plaisanteries, mais Broek nest pas la Hol-lande.

« Toutes les maisons sont entourées dun jardinet, séparé dola rue par une palissade loleu de ciel, de la forme dune balus-trade ou dune barrière, avec des globes, des pommes et desoranges en-bois sur la pointe des lattes. Les rues, bordées de cespalissades, sont très étroites et pavées de briquettes de couleurdifférente, mises de champ et combinées de façon à former toutessortes de dessins; de loin, on dirait que les rues sont recouvertesde tapis turcs.

» Les maisons, la plupart en bois, avec un rez-de-chausséeseulement, et très petites, sont roses, noires, cendrées, de cou-leur pourprée, bleu pâle, de la nuance de lherbe des monta-

1. L'cmplot de ce badigeon de couleurs varices et criardes nest pas particu-lier à Broek. Toutes les villes de la Néerlande du nord ont des maisons peintes,des arbres peints, des rues peintes, cest-à-dire pavées de briques peintes. « Ce» qui rend Leeuwarden agréable et toute curieuse, cest quelle a conservé la» bonne et joyeuse habitude de peindre ses maisons. Depuis le brun rouge jus*» quau vert clair, en passant par les nuances du lilas, du rose et du gris, toutes» les couleurs sétalent gaiement sur les vieilles murailles quelles rajeunissent.» Cest un peu papillotant à lœil, mais quimporle; cela donne aux villes un» air de santé et dallégresse que naura jamais une grande cité uniformément» badigeonnée en ocre jaune ou en beurre frais. » (M. du Camp, p. 166.)