274 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOÛRAPHIE.
ports suédois. Son fils, Gustave-Adolphe (1611-1632), mit la Suède au pre-mier rang des puissances européennes par ses réformes civiles et militaires,le choix de ses alliances, ses victoires sur les Etats voisins, sa glorieusecampagne contre l’empire catholique qu'il aspirait à remplacer par une domi-nation protestante. Après sa mort à Lutzen , sous le règne de sa fille Chris-tine (1632-1634), le chancelier-régent Oxenstierna recueillit les fruits decette politique qui assura à la Suède la possession de la Baltique (paix deWestphalie). Charles X (1634-60) et Charles XI (1660-97) développèrentou maintinrent ces succès en imposant au Danemark, à la Pologne et à laRussie les traités de Rôskilde, d'OIiva, de Kardis. L’alliance de Louis XIV empêcha, en 1679 (traités de Saint-Germain et Fontainebleau ), le démem-brement de la Suède .
Les folies guerrières de Charles XII (1697-1718) épuisèrent le royaume etprécipitèrent sa décadence. Dépouillée de ses provinces extérieures au profitde la Prusse et surtout de la Russie (traités de Stockholm et de Nystadt),livrée à l’anarchie et aux intrigues des factions étrangères (celle des Cha-peaux, partisans de la France, celle des Bonnets, amis de la Russie ), ellefut condamnée à l’impuissance sous Frédéric de Uesse-Cassel (1719-17311,et démembrée de nouveau au traité d’Abo (1743). La diète réorganiséeen 1720 paralysait la royauté, et, par des conventions secrètes, le Dane-mark, la Prusse et la Russie y entretenaient l’anarchie et en préparaientde loin le partage, comme en Pologne . Le successeur d’ADOLPiiE-FitÉDÉRii;de Holsteix-Gottorp (1731-1771), Gustave III (1771-1792), ami dévouéde la France , et conseillé par nos ambassadeurs et nos ministres, fit le coupd'Etat de 1772 contre la diète, rétablit le pouvoir absolu, noua avec laFrance une alliance politique et commerciale solide, lui céda le droit d’en-trepôt à Gothenbourg en échange de File Saint-Barthéleniy, aux Antilles ,et intervint contre la Russie dans la guerre d’Orient. La Révolution fran-çaise le rapprocha du parti des rois, dont il offrait de prendre lif directionmilitaire, quand il fut assassiné par un des chefs de cette noblesse qu'ilavait dépouillée de ses privilèges et proscrite. — Après la sage régence duduc de Sudermanie (1792-96), qui tenta de faire rentrer la Suède dans laneutralité, le fils de Gustave III, Gustave IV (1796-1809) la rejeta dans depérilleuses aventures : ennemi acharné de la Révolution et de Bonaparte, iloffrit aux princes Bourbons l’hospitalité à Kalmar , entra dans toutes lesintrigues allemandes contre la France , et fournit aux alliés des régiments,qui furent battus. Après Tilsilt, Napoléon poussa la Russie et le Danemark à envahir la Suède . C’est alors que les Suédois indignés déposèrent leurroi : les Russes n’étaient plus qu’à trente lieues de Stockholm ! Le vieuxduc de Sudermanie reprit le pouvoir sous le nom de Charles XIII (1809-18)et sauva la Suède ; mais elle n’en fut pas moins obligée de céder à sa dan-gereuse alliée la Finlande, Aland et une partie de la Bothnie (traité deFrederikshamm, 1809). — La diète suédoise désigna pour roi, aprèsCharles XIII , le maréchal français Iîernadolte, prince de l’onte-Corvo.Napoléon agréa le choix; mais,” en 1812 et 1813, Bernadotte sacrifia sapatrie à son pays d’adoption, et, à la tête de l'armée suédoise , combattitles Français à Gross-Beeren, à Dennewitz, à Leipzig. En 1814, la Norvège fut le prix de cette trahison ; les alliés l’enlevèrent au Danemark et ladonnèrent à la Suède : quatre ans après, Bernadotte devenait roi sous le nomde Charles-Jean XIV (1818-44). Malgré les difficultés que lui suscita laRussie , malgré l’opposition de la noblesse suédoise et de la démocratienorvégienne défiante, ce règne de vingt-six ans accomplit d’utiles réformesdans ies finances, l’administration, les écoles, les routes, le commerce; l’art