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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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306 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

soit avec des lignes à plomb, soit avec des filets ; les iles Lofoten sont leprincipal lieu de rendez-vous des équipages de pêche, qui comptent chaqueannée 2 à 5 000 bateaux et 20 000 matelots. La morue est préparée tantôtcomme klepfisk ou morue plate et salée, tantôt comme (orfisk ou rundfisk,morue sèche, ronde ou en bâton. Les tètes de poisson, la grande arête,les entrailles sont séchées, pulvérisées et transformées en guanos pour en-grais ; l’Allemagne et le Danemark en font une énorme consommation. Lapèche de la morue à Lofoten produit en moyenne par an de 25 à 30 mil-lions de pièces.

Le hareng est, comme la morue, répandue sur toute la côte depuis laSuède méridionale jusqu’à la Russie du Nord ; les parages les plus favo-rables sont ceux de la Norvège, du cap Lindesnces ou des Lofoten . On pêcheles harengs l’hiver, quand ils s’approchent des eûtes en bandes énormespour frayer, et l'été quand ils poursuivent les crevettes et les mollusquesdont ils se nourrissent. Cette pèche hivernale est excessivement variable :de 1561 à 1644, le hareng disparut tout à fait de la côte occidentale; il re-parut en 1644 à Stavanger et à Bergen , et disparut de-nouveau pendant plusd’un siècle. De 1808 à 1835, la pèche redevint abondante; après 1840, lepoisson manqua tout à fait au sud de Jœderen; actuellement, le harengd’hiver a presque cessé de se montrer sur les côtes de Norvège . L’irrégu-larité des migrations du hareng d’été n’est pas moindre. On l’explique nonpar la diminution de l’espèce, mais par la nécessité où est le poisson dechercher au large sa nourriture. De là les chiffres inégaux dans la produc-tion des pêches et le nombre des pêcheurs; en 1868, 17 400 pêcheursavaient un revenu brut de 9200 080 francs; en 1871, 18000 pêcheursn’avaient gagné que 1 500000 francs; ën 1875, le produit était descendu à35000 francs. Le gouvernement norvégien protège de son mieux l’industriede la pêche : c’est ainsi que pour signaler plus rapidement aux pêcheursla présence du poisson dans tel ou tel parage, il a fait construire sur unelongueur de 200 kilomètres, le long des côtes, une ligne télégraphique quirelie entre elles toutes les stations de pêche, et annonce partout à la foisl’arrivée ou le passage des bancs de poissons. De là l’expression de harengtélégraphique.

Il se fait sur ces côtes des pêches moins importantes; celles de l'anchois,du merlan, de la sole, des requins, du homard, des huîtres et surtoutdu saumon, que l’on trouve à l’embouchure de toutes les rivières, partoutoù un barrage n’empêche pas le poisson de remonter. La valeur de cettepetite pèche journalière est évaluée à 20 millions annuellement. Ajoutée àla grande pèche, elle représente pour les pécheurs une exportation de50 à 60 millions de francs 1 .

3» BIBLIOGRAPHIE. — CARTOGRAPHIE

Anderson. An eight weeks’ Journal in Norway. — (Londres , 1853, in-8°.)Beauregard (de). Voyage dans les Etats Scandinaves. — (In-12, 1876.)Bôwden. Norway, its people, products and institutions. —■ (Londres , 1867.)Broch. Le royaume de Norvège et le peuple norvégien, avec carte et gravures,texte français. — (Christiania , in.8°, 1878, Mailing.)

1. Voir Broch, le Royaume de Norvège , p. 370 et suiv.